NOUVELLES
28/01/2014 05:25 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Mulcair semble mettre en doute l'impartialité du président des Communes

OTTAWA - Mécontent de s'être fait couper la parole par le président de la Chambre lorsqu'il posait une question au premier ministre, Thomas Mulcair semble mettre en doute son impartialité.

À la sortie de la période de questions aux Communes, mardi, le chef néo-démocrate a lancé qu'il avait déjà joué dans un film où l'arbitre avait décidé qu'il allait prendre part au jeu, laissant ainsi entendre qu'Andrew Scheer avait manqué d'impartialité.

«Ça fait très longtemps que je fais ce métier-là. J'ai déjà vu des situations où l'arbitre décide qu'il va devenir un des joueurs dans le sport. Ce n'est jamais bien avisé pour un président de commencer ça», a-t-il tranché.

Il est plutôt inhabituel qu'un politicien critique ouvertement les décisions du président.

La question qu'il posait un peu plus tôt à Stephen Harper concernait les soupçons de fraude qui pèsent contre l'ex-sénateur libéral Mac Harb pour le transfert de la valeur d'une de ses propriétés à une diplomate du Brunei. M. Mulcair cherchait à savoir si le gouvernement conservateur allait demander aux autorités du Brunei de forcer la diplomate à collaborer avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Le président de la Chambre — un député conservateur d'une circonscription de la Saskatchewan élu président de la Chambre 2011 — l'a interrompu quelques secondes avant la fin de sa question: «Je n'ai rien entendu dans cette question qui touchait l'administration du gouvernement», l'a-t-il coupé.

Il l'a toutefois laissé poser la même question un instant après en anglais, à laquelle M. Harper a répondu.

Selon les règles des Communes, même s'il appartient à une formation politique, le président doit se montrer impartial dans ses décisions pour conserver la confiance des députés. Il a le pouvoir de rejeter toute question qu'il juge contraire aux lignes directrice de la Chambre. Ces règles ne sont pas écrites, mais reposent sur les conventions, les usages et la tradition.

Interrogé sur cet incident et d'autres décisions rendues par M. Scheer en défaveur du Nouveau Parti démocratique (NPD), M. Mulcair n'est pas allé jusqu'à avancer que M. Scheer avait perdu sa confiance. Il a cependant signalé qu'il aura l'occasion de lui rappeler, aux côtés de son leader parlementaire Nathan Cullen, «que le Parlement et la période de questions existent dans l'intérêt du public».

«Et non, je ne me laisserai pas écrire mes questions par le président de la Chambre», a-t-il conclu.

M. Mulcair a avancé qu'il avait également dû rappeler M. Scheer à l'ordre au moment où le scandale des dépenses au Sénat a fait surface. Selon lui, M. Scheer hésitait à le laisser poser des questions sur cet enjeu puisqu'il doutait qu'il s'agissait-là d'affaires gouvernementales.

La suite des événements a prouvé que des employés du cabinet du premier ministre étaient directement impliqués dans la gestion de la crise au Sénat, alors que le chef de cabinet de M. Harper avait lui-même signé un chèque de 90 000 $ pour que l'ex-sénateur conservateur Mike Duffy rembourse des allocations touchées en trop.