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28/01/2014 08:49 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Mladic et Karadzic face à face devant le Tribunal pénal international

Radovan Karadzic, ancien président autoproclamé des Serbes de Bosnie, et Ratko Mladic, ancien chef militaire des forces séparatistes bosno-serbes, ont comparu ensemble pour la première fois mardi devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Appelé à la barre par la défense au procès de Karadzic, Mladic a refusé de témoigner et a dénoncé un « tribunal satanique ».

Les deux hommes sont jugés dans des procédures distinctes par le TPIY. Tous deux sont accusés de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment pour leurs responsabilités dans le massacre de Srebrenica, où 8000 hommes et adolescents musulmans ont été massacrés en juillet 1995 par les forces séparatistes serbes de Bosnie.

« Je ne reconnais pas ce tribunal, c'est une création de l'OTAN, c'est un tribunal satanique », a déclaré Ratko Mladic à qui l'on demandait de prêter serment avant de témoigner.

Aux questions formulées par la défense, l'ex-général a répondu systématiquement : « Je ne peux pas et je ne souhaite pas témoigner, cela détériorerait ma santé et serait préjudiciable pour mon propre procès. »

Les juges ont refusé qu'il lise un texte de sept pages préparé pour l'occasion.

Karadzic souhaitait faire poser une série de questions à Mladic sur leurs échanges concernant le siège de Sarajevo (1992-1995) et le massacre de Srebrenica avec l'intention, semble-t-il, de démontrer que les deux hommes n'avaient pas de projet commun et que lui-même ignorait les ordres donnés par Mladic.

En quittant la salle d'audience, moins de deux heures après son entrée, Mladic a échangé un signe de tête avec Karadzic.

« Merci beaucoup, Radovan. Je suis désolé, mais ces idiots ne m'ont pas laissé parler, ils défendent l'OTAN », lui a-t-il dit.