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28/01/2014 04:50 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Maroc: prison pour un responsable locale d'ONG jugé pour "violences" (avocat)

Un responsable local de l'Association marocaine des droits humains (AMDH), une des principales ONG marocaines, a été condamné mardi par un tribunal de Tiflet (nord-ouest) à six mois de prison pour "insultes" et "violences envers un fonctionnaire" de police, a affirmé un de ses avocats.

Mohamed Alboulbal, également membre du 20-Février, mouvement pro-réformes né durant le printemps arabe, a été arrêté le 10 décembre à la suite d'un sit-in dans cette ville à 50 km de Rabat, sur la base d'une plainte d'un policier, a dit à l'AFP Me Mohamed Sadkou.

Les manifestants protestaient contre l'installation d'une antenne-relais de télécommunications et, d'après la même source, le militant a été blessé lors de l'intervention des forces de l'ordre. Hospitalisé, il a été déclaré en incapacité totale de travail (ITT) pour sept jours. Mais le policier a également affirmé avoir fait l'objet de violences et a présenté une ITT de 30 jours pour appuyer sa plainte.

Le prévenu va faire appel de ce jugement, a précisé Me Sadkou, qui a critiqué le déroulement du procès, affirmant notamment que le tribunal avait refusé d'entendre certains témoins.

L'an dernier, un collectif composé de 18 ONG marocaines avait appelé "à la libération de tous les prisonniers politiques", parmi lesquels une soixantaine de militants du 20-Février, selon lui.

Les personnes arrêtées en marge de rassemblements sont généralement poursuivies pour "participation à une manifestation non autorisée", mais aussi parfois pour "violences à l'encontre des forces de l'ordre" ou "trafic de drogue".

Fréquentes en 2011, dans le tumulte du Printemps arabe, les manifestations du 20-Février, qui réclame des réformes politiques et sociales profondes, ont été moins nombreuses au cours des derniers mois.

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