NOUVELLES
28/01/2014 03:53 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Le TPIY est un tribunal "satanique", dit Mladic au procès Karadzic

L'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic a qualifié le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de "satanique" mardi au moment où il était appelé à témoigner au procès de son alter ego politique Radovan Karadzic.

"C'est un tribunal satanique", a-t-il dit lors d'une audience publique à La Haye : "je ne reconnais pas ce tribunal de la haine", a martelé M. Mladic avant de finalement prêter serment, à contre-coeur et sous la menace de poursuites pour outrage au tribunal.

Ratko Mladic a ensuite obtenu une interruption de 20 minutes de l'audience : "la sécurité pourrait-elle m'apporter mes dents, qui sont dans ma cellule, afin que je puisse mieux parler", a-t-il déclaré, déclenchant des rires dans la galerie du public.

Accusé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, Radovan Karadzic souhaite que Ratko Mladic, accusé des mêmes crimes dans un procès séparé, témoigne en sa faveur.

M. Mladic ne souhaitant pas témoigner, une citation à comparaître avait été nécessaire. L'avocat de M. Mladic, Branko Lukic, a tenté une dernière fois mardi matin de convaincre les juges de ne pas autoriser le témoignage de son client, invoquant sa santé.

"Nous pensons que M. Mladic n'est pas en état de témoigner", a dit M. Lukic, assurant que son client souffre de troubles de la mémoire et ne peut pas distinguer "la vérité de la fiction" : "il invente des choses et pense qu'il s'agit de la vérité".

MM. Karadzic et Mladic, 68 et 71 ans, sont accusés d'avoir orchestré le nettoyage ethnique de la Bosnie lors d'une guerre qui a fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.

Ils sont notamment accusés du massacre de Srebrenica, lors duquel les forces serbes de Bosnie ont tué près de 8.000 hommes et garçons musulmans.

M. Karadzic, le chef politique des Serbes de Bosnie, et M. Mladic, le chef militaire, auraient pu être jugés ensemble si leurs arrestations avaient été plus proches dans le temps l'une de l'autre, car ils sont accusés des mêmes crimes.

Le premier avait été interpellé en juillet 2008 alors que le second l'avait été en mai 2011.

ndy/mbr/abk