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28/01/2014 04:48 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Le premier ministre ukrainien démissionne

Le vaste mouvement de contestation qui ébranle l'Ukraine depuis plusieurs semaines a eu raison du premier ministre, Mykola Azarov, qui a remis mardi sa démission.

« J'ai pris la décision de demander au président [Viktor Ianoukovitch] d'accepter ma démission du poste de premier ministre, pour créer les conditions supplémentaires d'un compromis politique et d'un règlement pacifique du conflit », a écrit M. Azarov.

Pour justifier son départ, son service de presse a évoqué les menaces que fait peser la contestation sur l'économie du pays.

En novembre, Mykola Azarov, 66 ans, a approuvé la décision du président Viktor Ianoukovitch de tourner le dos à l'Union européenne pour favoriser un rapprochement avec la Russie, qui est au cœur de la contestation.

Le président Ianoukovitch a aussitôt accepté la démission de son premier ministre et de son gouvernement, dont les ministres demeureront en poste jusqu'à la formation d'un nouveau cabinet. Mykola Azarov avait été nommé premier ministre après la victoire de Viktor Ianoukovitch aux présidentielles de février 2010.

Rencontre entre Bruxelles et Moscou 

La situation en Ukraine suscite l'inquiétude de plusieurs gouvernements étrangers, notamment à l'Union européenne et à Moscou qui s'accusent mutuellement d'ingérence dans les affaires intérieures de l'Ukraine.

Les Européens et les Russes se sont d'ailleurs rencontrés mardi, à Bruxelles, lors d'un court sommet où la situation en Ukraine a monopolisé les pourparlers.

Le président russe, Vladimir Poutine, et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, doivent d'ailleurs y rencontrer les dirigeants européens, dont la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton.

Cette dernière doit se rendre à Kiev pour une visite de deux jours où elle rencontrera les dirigeants de l'opposition et le président Ianoukovitch.

À Washington, le vice-président Joe Biden a mis en garde le président Ianoukovitch contre l'idée de décréter l'état d'urgence ou toute mesure autoritaire qui ne ferait qu'aggraver la crise.

Abolition des lois sur les manifestations

Les membres du Parlement, réunis en session extraordinaire, ont également aboli les lois répressives adoptées le 16 janvier pour mettre un terme aux manifestations.

Ces lois, qui ont jeté de l'huile sur le feu et entraîné une radicalisation du mouvement de contestation, prévoyaient entre autres jusqu'à cinq ans de prison pour le blocage des accès aux bâtiments publics ou encore la mise en détention des manifestants qui portent des masques ou des casques.

Ces lois punissaient également les auteurs de diffamation sur Internet.