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28/01/2014 04:21 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Le nouveau gouvernement tunisien très critiqué avant le vote de confiance

Des nombreux députés tunisiens ont vivement critiqué la composition du nouveau gouvernement, accusant certains membres d'être des caciques de l'ancien régime, si bien que le vote de confiance prévu mardi après-midi n'avait pas encore eu lieu dans la soirée.

Le vote de confiance à ce cabinet apolitique censé conduire la Tunisie vers des élections en 2014 devait s'apparenter à une formalité, sa composition ayant été le résultat de semaines de tractations politiques.

Mais des membres de l'équipe de Mehdi Jomaâ ont été accusés d'avoir occupé des fonctions clés sous Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de 2011, en particulier le candidat au poste de ministre de la Justice, Hafedh Ben Salah.

"Si vous allez voter pour ce gouvernement, vous signerez l'arrêt de mort de la révolution", a lancé un des élus, Hichem Hosni.

"Elevons le débat ! Ca ne se fait pas d'accuser des gens alors qu'ils peuvent être innocents", a répliqué le député Salah Chouaïeb.

Aucune preuve de ces accusations n'a été apportée, alors qu'aucune enquête d'ampleur n'a été menée depuis la révolution sur les crimes commis durant les deux décennies du régime de Ben Ali.

Le chef du gouvernement, Mehdi Jomaâ a, lui, voulu défendre les siens, assurant avoir fait son choix sur la base de "la compétence, l'indépendance et l'intégrité", tout en promettant de se pencher sur les accusations contre ses ministres accusés d'avoir servi l'ancien régime.

"S'il y a des ministres qui ne répondent pas à l'un de ces trois critères, je m'engage à réviser" la composition du cabinet, a déclaré M. Jomaâ, ministre sortant de l'Industrie du gouvernement démissionnaire dirigé par les islamistes d'Ennahda.

Il a, par ailleurs, défendu sa candidate au poste de ministre du Tourisme, Amel Karboul, après qu'elle a été critiquée pour avoir fait des déplacements professionnels en Israël.

Conformément à un accord de la classe politique, Ennahda s'est engagé à laisser le pouvoir à l'équipe de M. Jomaâ afin de résoudre une profonde crise politique déclenchée par l'assassinat de l'opposant Mohamed Brahmi en juillet dernier.

Lors de son discours de politique générale dans la matinée, M. Jomaâ avait insisté sur la nécessité de rétablir la sécurité face au "terrorisme" et de créer les conditions pour relever l'économie afin que les élections puissent avoir lieu en 2014.

Il ne faut "pas oublier les difficultés de cette période de transition : difficultés sécuritaires, économiques, sociales et politiques. Le but suprême est d'aller vers des élections libres et intègres", a-t-il déclaré devant la Constituante.

La Tunisie est minée par l'essor d'une mouvance jihadiste depuis la révolution ayant conduit à la chute de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011. Par ailleurs, le pays est aussi régulièrement déstabilisé par des conflits sociaux parfois violents en raison notamment du chômage endémique.

M. Jomaâ a ainsi appelé au "calme social", en référence aux grèves sauvages et blocages réguliers d'entreprises, notamment publiques, pour les forcer à des embauches.

La Tunisie a adopté dimanche, après plus de deux ans de débats la nouvelle Constitution tunisienne.

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