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28/01/2014 11:29 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

En 2011, Kadhafi affirmait avoir financé la campgne de Sarkozy

La chaîne de télé France 3 diffusera mercredi un extrait audio dans lequel l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi affirme avoir financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

L'entrevue date de mars 2011 et a été enregistrée quelques jours seulement avant le début de l'intervention occidentale qui a causé la perte du dictateur. Sans apporter de preuve, il déclare que Sarkozy était venu le voir à l'époque où il était ministre français de l'Intérieur pour lui demander un soutien financier.

Sans détailler les modalités et le montant de l'aide apportée à Sarkozy, Kadhafi explique dans cette entrevue donnée à Delphine Minoui, du quotidien Le Figaro, que « si le président de la République française gagne les élections grâce à nos fonds, c'est vraiment un gain » pour les Libyens.

Moftah Missouri, l'interprète francophone du défunt leader libyen, qui est présent lors de l'entrevue sur laquelle France 3 a mis la main, affirme que Kadhafi lui aurait confié avoir chiffré son aide au candidat français à « une vingtaine de millions de dollars ».

Témoignages contradictoires

Bien que ces déclarations du dictateur tué en octobre 2011 n'apportent pas de preuves concrètes, elles s'ajoutent à une longue liste de témoignages similaires.

Son fils Saïf Al-Islam Kadhafi avait déclaré le même jour à la chaîne Euronews que son père finançait effectivement la campagne de Sarkozy.

L'ex-premier ministre Baghdadi Al-Mahmoudi et Anoud Al-Senoussi, fille d'un ancien chef du renseignement libyen - qui affirmait que son père a en sa possession des preuves du financement - corroborent aussi les propos de l'ex-dictateur.

En 2012, Mediapart avait choisi le moment entre les deux tours de la présidentielle opposant Sarkozy à François Hollande pour publier un document faisant état d'un financement de 50 millions d'euros de la Libye à Sarkozy.

Ce document implique Bachir Saleh, secrétaire particulier du dictateur, qui nie les faits, tout comme Moussa Koussa, ancien chef des services du renseignement extérieur.

L'ex-président français Sarkozy nie encore et toujours l'existence de ce financement, qui impliquerait pour lui des accusations de corruption, de trafic d'influence et d'usage de faux, entre autres.

La transcription de cette entrevue n'a jamais été diffusée sur le site du Figaro, mais a été utilisée par Mme Minoui dans son livre Tripoliwood, publié en 2011.