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28/01/2014 10:50 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Egypte: le rôle de l'armée depuis le départ de Moubarak

L'armée égyptienne, qui a appelé son chef, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, à se présenter à la présidentielle, s'est impliquée directement à de nombreuses reprises dans la gestion du pays depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011.

--2011--

- 11 fév: Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le ministre de la Défense Mohamed Hussein Tantaoui, est chargé de "gérer les affaires du pays" par le président Moubarak, chassé du pouvoir après 18 jours de révolte populaire.

L'armée promet une "transition pacifique" vers "un pouvoir civil élu", puis démantèle les institutions de l'ex-régime en annonçant la dissolution du Parlement et la suspension de la Constitution.

- 24 nov: L'armée écarte l'hypothèse d'un départ immédiat du pouvoir, des responsables militaires assurant que cela reviendrait à "trahir le peuple".

Des milliers d'Egyptiens occupent l'emblématique place Tahrir depuis plus d'une semaine pour réclamer le départ du pouvoir du CSFA, accusé de vouloir perpétuer la politique de répression de l'ancien régime.

--2012--

- 17 juin: Le CSFA s'attribue de vastes prérogatives, dont le pouvoir législatif, après la fin du vote pour la première présidentielle de l'après-Moubarak. Le 14, la Haute cour constitutionnelle a déclaré "illégal" le Parlement dominé par les islamistes, en raison d'un vice dans la loi électorale.

- 12 août: L'islamiste Mohamed Morsi, vainqueur au second tour de la présidentielle face à Ahmad Chafiq, considéré comme le candidat de l'armée, renforce considérablement ses pouvoirs en mettant à l'écart le maréchal Tantaoui et en annulant les larges prérogatives politiques de l'armée. Il récupère pour lui le pouvoir législatif détenu par un collège de généraux depuis juin.

Un autre membre du CSFA, Abdel Fattah al-Sissi, chef du renseignement militaire, remplace Tantaoui.

--2013--

- 3 juil: Le général Sissi annonce que le président de la Haute cour constitutionnelle Adly Mansour prend la direction du pays, écartant de fait Mohamed Morsi. Celui-ci dénonce un coup d'Etat et appelle ses partisans à défendre sa "légitimité" avant d'être arrêté.

- 16 juil: Nouveau gouvernement, dont sont absents les partis islamistes. Le général Sissi demeure non seulement ministre de la Défense mais hérite en plus d'un poste de vice-Premier ministre.

- 14 août: Policiers et soldats dispersent violemment des rassemblements de pro-Morsi au Caire.

Plus d'un millier de partisans du président destitué ont été tués par policiers et soldats en sept mois, et plusieurs milliers de Frères musulmans arrêtés, dont la quasi-totalité de leurs leaders qui, à l'instar de M. Morsi, encourent la peine de mort dans divers procès.

--2014--

- 11 jan: Sissi déclare qu'il sera candidat à la présidentielle si le peuple le "réclame".

- 14-15 jan: Référendum sur la nouvelle Constitution. Le texte a été débarrassé de clauses ouvrant la voie à une islamisation de la loi, mais ne modifie que très marginalement les pouvoirs institutionnels et renforce encore un peu plus le poids de l'armée dans la vie politique.

- 27 jan: L'armée appelle Sissi, promu maréchal, à répondre à l'"appel du peuple" en se présentant à la présidentielle. La veille, Adly Mansour, a annoncé que celle-ci se tiendrait avant les législatives et ce dans les trois mois à venir.

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