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28/01/2014 01:09 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Canadien détenu au Caire: ses conditions se sont détériorées, dit sa famille

La famille d'un journaliste canado-égyptien emprisonné au Caire depuis un mois soutient que ses conditions de détention se sont soudainement détériorées, et craint qu'il ne soit victime de la situation politique difficile en Égypte.

Voilà près d'un mois que Mohamed Fahmy croupit en prison sans qu'aucune accusation n'ait été déposée contre lui relativement à des allégations selon lesquelles il aurait utilisé de l'équipement sans permis et diffusé de fausses nouvelles alors qu'il travaillait pour la chaîne anglaise d'Al Jazeera.

Même si les autorités canadiennes ont assuré que tous les besoins de base du reporter seraient assurés, ses proches soutiennent que ses conditions de détention se sont brusquement détériorées depuis quelques jours.

«C'est choquant qu'il n'y ait absolument aucun progrès dans son dossier et qu'il n'y ait personne pour l'aider», a affirmé le frère de Mohamed, Sherif Fahmy, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Mohamed Fahmy et deux de ses collègues ont été arrêtés le 29 décembre dans le cadre d'une campagne de répression contre les Frères musulmans. Le groupe a été déclaré «organisation terroriste» par le gouvernement intérimaire de l'Égypte dans la foulée du coup d'État militaire qui a renversé l'ancien président islamiste Mohammed Morsi en juillet.

Depuis son arrestation, le journaliste de 40 ans est détenu dans une cellule exiguë, froide et infestée d'insectes, dans un pénitencier à sécurité maximale où sont gardés les criminels notoires.

Après que sa famille se fut plainte, les représentants du consulat canadien ont convaincu les autorités locales de fournir à M. Fahmy une couverture et des vêtements chauds, et ont obtenu la promesse que le reporter serait conduit à l'hôpital dimanche dernier afin de soigner une blessure à l'épaule qui le fait énormément souffrir.

Selon Sherif Fahmy, la visite au centre hospitalier n'a cependant jamais eu lieu et son frère s'est plutôt vu retirer sa couverture, sa veste, son matériel pour écrire et même sa montre.

«C'est comme si nous étions revenus à la case départ. Il n'est pas allé à l'hôpital et il dort sur un plancher en ciment froid, on ne lui fournit rien, a déploré Sherif. Nous ne pouvons rien faire d'autre qu'espérer que les Canadiens vont agir.»

Les parents de Mohamed Fahmy, qui ont quitté leur domicile montréalais pour se rendre au Caire, ont appris les récents développements en visitant leur fils dimanche. Ils ont également découvert que les prisonniers se trouvant dans les cellules voisines avaient aussi perdu le peu de confort dont ils bénéficiaient plus tôt dans la journée.

Le reporter a confié à sa mère et à son père avoir entendu des dirigeants de la prison laisser entendre que les autorités avaient décidé de priver les détenus des commodités de base en représailles pour des attentats à la bombe survenus au Caire quelques jours auparavant.

Ces attentats portent la signature des islamistes qui, depuis le coup d'État et le début de la répression contre les Frères musulmans, prennent de plus en plus souvent la police et l'armée pour cibles.

La famille Fahmy est arrivée au Canada en 1991. Mohamed et ses trois frères ont tous étudié dans des universités canadiennes avant d'aller travailler à l'étranger.

Comme journaliste, Mohamed a notamment fait de la couverture pour le quotidien New York Times et la chaîne CNN. En 2011, il s'est installé en Égypte et est devenu le chef du bureau d'Al Jazeera au Caire.

Un porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué, mardi, que le gouvernement fédéral fournissait de l'aide consulaire à M. Fahmy et demeurait en contact avec ses proches.