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28/01/2014 08:52 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Britannique malade mental condamné à mort au Pakistan: SOS de la famille

La famille d'un Britannique condamné à mort pour blasphème au Pakistan alors qu'il avait été diagnostiqué malade mental a demandé à Londres d'intervenir pour le faire libérer, dans un communiqué transmis mardi à l'AFP.

Mohammad Asghar, 69 ans et d'origine pakistanaise, a été condamné à la peine capitale la semaine dernière par un tribunal de Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad où il avait été arrêté en 2010 pour avoir écrit des lettres dans lesquelles il disait être un prophète.

Le tribunal avait rejeté les argument de la défense soulignant qu'il devait être acquitté en raison de ses problèmes mentaux. Les juges avaient notamment mis en avant le rapport d'un comité médical local qui l'avait estimé "normal".

Dans un communiqué publié par Reprieve, une ONG britannique de défense des droits de l'Homme qui assiste la famille de M. Asghar, cette dernière a réagi en soulignant qu'il avait été interné en 2010 en Ecosse après que des médecins l'eurent déclaré atteint de paranoïa schizophrène.

"Nous sommes très en colère et avons peur qu'il ne soit jamais libéré et meure en prison (alors qu')il a déjà plusieurs fois tenté de se suicider. Nous voulons juste qu'il revienne au pays, où il pourra être soigné et peut-être guérir de sa maladie mentale", souligne la famille avant de demander "instamment au gouvernement britannique d'intervenir et de le ramener chez nous, où il sera en sécurité".

Le blasphème est un sujet qui enflamme facilement les foules au Pakistan, pays musulman à 97%. Aux termes d'une loi très controversée, porter atteinte au prophète Mahomet est passible de la peine de mort.

Le Pakistan n'a toutefois exécuté aucune personne condamnée à peine capitale depuis 2008, à l'exception d'un soldat condamné en cour martiale.

Plusieurs affaires de blasphème, notamment vis-à-vis de la minorité chrétienne, ont suscité ces dernières années l'émotion de la communauté internationale.

Les groupes de défense des droits de l'Homme estiment que cette loi est régulièrement utilisée de manière abusive, notamment à l'encontre des minorités, pour régler des comptes personnels ou s'approprier des terrains. Mais Islamabad s'est toujours bien gardé jusqu'ici de la réviser.

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