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27/01/2014 07:11 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Visite au Soudan du Sud de la responsable humanitaire de l'ONU, les combats continuent malgré la trêve

La responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a entamé lundi matin une visite au Soudan du Sud, où menace une crise humanitaire d'ampleur, les belligérants s'accusant mutuellement de poursuivre les combats malgré un cessez-le-feu signé jeudi.

La visite de trois jours de Valerie Amos au Soudan du Sud est destinée, selon l'ONU, à attirer l'attention internationale sur le pays, où les combats entre l'armée gouvernementale fidèle au président Salva Kiir et les troupes fidèles à son ancien vice-président Riek Machar ont fait des milliers de morts depuis mi-décembre et chassé plus de 700.000 personnes de chez elles.

Une crise humanitaire germe dans plusieurs villes du Soudan du Sud, a averti l'Unicef, annonçant qu'une épidémie de rougeole avait tué 30 enfants dans un camp surpeuplé de déplacés, improvisé dans la base onusienne de Bor - capitale de l'Etat du Jonglei (est) - où s'entassent plus de 10.000 personnes ayant fui les violences.

"Les enfants n'ont survécu à un violent conflit que pour risquer désormais de mourir dans des conditions révoltantes et si nous ne pouvons les atteindre avec de l'aide humanitaire, le risque va s'accroître de façon radicale", a mis en garde Dermot Carty, vice-directeur des programmes d'urgence de l'Unicef.

Durant sa visite au Soudan du Sud, la sous-secrétaire générale de l'ONU pour les Affaires humanitaires doit rencontrer "représentants du gouvernement et partenaires humanitaires pour discuter de la façon d'accroître l'aide humanitaire et d'améliorer l'accès aux communautés dans le besoin", a indiqué l'ONU dans un communiqué.

Mme Amos "soulignera l'importance d'assurer la protection des civils et des personnels humanitaires", ont souligné les Nations unies qui estiment qu'environ 76.000 personnes ont trouvé refuge dans leurs bases du pays.

"Multiples violations" du cessez-le-feu

Les combats, qui ont éclaté le 15 décembre à Juba entre factions rivales de l'armée avant de se propager dans le pays, se sont accompagnés d'atrocités commises par les deux camps, notamment des tueries à caractère ethniques, soldant souvent de vieux comptes remontant à la guerre civile qui a opposé la rébellion sudiste à Khartoum entre 1983 et 2005.

A la vieille rivalité politique entre MM. Kiir et Machar, anciens cadres rivaux de la rébellion sudiste durant la guerre civile qui a débouché sur la partition du Soudan et l'indépendance de Juba en juillet 2011, se greffent d'anciens antagonismes entre peuples Dinka et Nuer auxquels appartiennent respectivement les deux hommes.

Les deux camps s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu signé jeudi soir à Addis Abeba, après trois semaines de laborieuses négociations. L'ONU avait fait état de "combats sporadiques" dès l'entrée en vigueur de la trêve vendredi soir.

Le porte-parole de l'armée sud-soudanaise, Philip Aguer, a fait état lundi de "multiples violations" du cessez-le-feu par le camp d'en face. "Il y a eu des attaques d'envergure contre nos positions dimanche", dans l'Etat pétrolier du Haut-Nil (nord) et dans celui du Jonglei (est), le plus vaste du pays, a-t-il assuré.

Aucun responsable du camp Machar n'a pu être joint lundi et il n'était pas possible de vérifier ces accusations de manière indépendante.

Dimanche, un porte-parole du camp Machar avait accusé le camp du gouvernement d'avoir attaqué ses troupes, dans ces mêmes Etats du Haut-Nil et du Jonglei, où se sont déroulés certains des plus intenses combats depuis le début du conflit.

Mme Amos doit se rendre mardi à Malakal, capitale du Haut-Nil qui a changé de plusieurs fois de mains avant d'être prises par l'armée le 20 janvier.

Lundi, dans un texte commun, 55 organisations humanitaires non gouvernementales se sont dites "profondément alarmées par l'échelle des souffrances humaines au cours des six dernières semaines" au Soudan du Sud et ont appelé les deux camps "à protéger les civils, à éviter de viser des zones civiles et à faire la distinction entre civils et combattants".

Elles ont également appelé les belligérants à "assurer la sécurité et la liberté de mouvement des personnels" humanitaires.

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