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27/01/2014 02:11 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Ukraine: la ministre de la Justice menace d'instaurer l'état d'urgence

La ministre ukrainienne de la Justice, Olena Loukach, a menacé lundi les manifestants qui ont investi son ministère dans le centre de Kiev de demander l'instauration de l'état d'urgence.

Mme Loukach, qui participe aux négociations entre l'opposition et le président Viktor Ianoukovitch, a déclaré à la télévision ukrainien qu'elle demanderait que les pourparlers soient interrompus si le bâtiment n'était pas libéré.

Des dizaines de manifestants radicaux ont envahi dimanche soir le ministère, sans rencontrer de résistance. Ils ont aussitôt construit une barricade autour du bâtiment avec des sacs de neige et d'ordures, selon un journaliste de l'AFP.

"Je vais être obligée de demander au président ukrainien d'arrêter les discussions si le bâtiment n'est pas libéré sur-le-champ et si on ne donne pas une chance aux négociateurs de trouver une solution pacifique au conflit", a déclaré Mme Loukach.

Elle a aussi indiqué qu'elle demanderait au Conseil de sécurité nationale ukrainien "de discuter de l'instauration de l'état d'urgence".

Des militants radicaux ont brisé des vitres du bâtiment.

Mme Loukach a dit qu'ils avaient fait couler de l'eau à l'intérieur, par des températures glaciales, ce qui l'a transformé en "véritable patinoire".

Selon l'agence Interfax-Ukraine, l'ex-boxeur et leader de l'opposition Vitali Klitschko, qui participe aux négociations avec M. Ianoukovitch, s'est rendu sur les lieux dans la nuit et a demandé aux protestataires de s'en aller, en vain.

La police a pour sa part ouvert une enquête criminelle.

L'opposition est mobilisée dans le centre de Kiev depuis le refus du président fin novembre de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, préférant un rapprochement avec la Russie.

Le mouvement s'est brusquement radicalisé au cours de la semaine écoulée, donnant lieu à des scènes de guérilla urbaine qui ont fait au moins trois morts à Kiev, et s'étend dans le pays.

Pour mettre fin à la crise, M. Ianoukovitch a proposé une série de concessions à l'opposition, dont une révision de la Constitution et l'entrée de l'opposition dans le gouvernement, mais les chefs de l'opposition ont réagi avec méfiance et ont affiché leur détermination à poursuivre le combat pour obtenir notamment une présidentielle anticipée.

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