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27/01/2014 11:13 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Syrie: aucune mesure pour l'instant pour les civils assiégés à Homs(CICR)

Aucune "mesure" n'a été prise pour l'instant par le gouvernement de Damas pour laisser passer des convois humanitaires à Homs (centre de la Syrie) ou autoriser femmes et enfants à quitter la ville, a déclaré lundi à l'AFP le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Sur le terrain, des militants ont indiqué à l'AFP que les habitants étaient partagés entre ceux qui ne veulent pas être séparés de leurs familles et préfèrent rester, et ceux, femmes et enfants, qui sont prêts à partir à condition d'avoir des "garanties" qu'ils ne seront pas arrêtés par les forces du régime en quittant les quartiers rebelles assiégés depuis des mois.

"A midi aujourd'hui, aucune mesure concrète n'a été entreprise pour aucune opération de ce type dans la vieille ville de Homs", a indiqué à l'AFP Robert Mardini, chef des opérations au Proche-Orient du CICR.

Joint par internet, un militant à l'intérieur, Yazan, a affirmé à l'AFP "les bombardements ont continué toute la journée comme les jours précédents".

Le médiateur de l'ONU, Lakhdar Brahimi, qui mène depuis samedi des négociations avec les délégations du régime et de l'opposition, avait annoncé la promesse de Damas que femmes, enfants et personnes âgées pourraient quitter immédiatement la ville. Il avait également obtenu du régime syrien l'autorisation que des convois humanitaires puissent rentrer dans la vieille ville.

Le responsable du CICR a rappelé lundi qu'une possibilité offerte aux civils de quitter Homs ne voulait pas dire que les habitants devaient être forcés à partir.

"Nous savons par expérience que les habitants ne veulent pas quitter leurs maisons, leurs biens personnels sans garantie sur ce qu'ils vont affronter ensuite", a expliqué Robert Mardini, rappelant que les ONG devaient être autorisées à porter secours aux habitants à l'intérieur des zones assiégées.

"Il n'y aura pas de succès rapide. Et il ne faut pas avoir d'illusion sur le fait que cela puisse résoudre le problème. Et l'accès ne devrait pas être possible qu'une seule fois pour de la nourriture et de l'aide médicale", a souligné M. Mardini.

Le CICR n'a pas pu entrer dans Homs depuis novembre 2012.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), environ 3.000 personnes sont prises au piège dans les zones rebelles de Homs. Ces quartiers représentent seulement 2 km2 sur les 40 km2 de la troisième ville du pays.

Selon un militant, Abou Ziad, qui se trouve dans la partie assiégée de cette ville du centre de la Syrie, près de la moitié des quelque 500 femmes et enfants présents dans le centre de Homs ont accepté d'être évacués

"Mais, ceux qui sont prêts à partir ne le feront que s'il y a des garanties qu'ils ne seront pas arrêtés par le régime. Et beaucoup d'autres femmes ne veulent pas quitter leur mari", a-t-il souligné.

Abou Ziad a confirmé qu'aucune aide n'était encore arrivée lundi après-midi et que l'évacuation n'avait pas commencé. "Les bombardements se poursuivent. Beaucoup de maisons sont en feu et des personnes ont été tuées lundi", a-t-il affirmé.

La nourriture et le matériel médical sont épuisés et chaque jour se transforme en épreuve de survie. "Une des femmes qui veut partir ne mange que des olives, une fois par jour depuis des semaines. Elle doit allaiter son enfant mais son lait s'est tari. Il y a ici beaucoup d'histoires tragiques", a expliqué Abou Ziad.

Les organisations de défense des droits de l'Homme ont condamné maintes fois le siège de la vieille ville de Homs et appelé tous les protagonistes à faciliter l'accès immédiat à l'aide humanitaire.

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