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27/01/2014 12:45 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Sommet de la Celac à La Havane : un message à Washington contre sa politique envers Cuba

Les 33 pays de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac) vont envoyer un message fort aux Etats-Unis pour les enjoindre de réviser leur politique d'hostilité à l'égard de Cuba, lors de leur 2e sommet mardi et mercredi à La Havane.

"Jamais depuis 1959 (l'avènement de la Révolution cubaine), Cuba n'a reçu un soutien régional aussi clair", a affirmé à l'AFP l'analyste Arturo Lopez-Levy, de l'université de Denver, aux Etats-Unis.

"La présence des chefs d'Etats et de gouvernements d'Amérique latine et des Caraïbes réaffirme le message continental de rejet de la politique des Etats-Unis d'isolement de Cuba", a-t-il souligné.

La Celac, lancée en décembre 2011 par l'ex-président vénézuélien Hugo Chavez décédé en mars 2013, regroupe tous les pays du continent américain, à l'exception des Etats-Unis et du Canada.

Le message restera pourtant vraisemblablement sans effet sur le sévère embargo imposé depuis plus d'un demi-siècle par Washington au régime communiste cubain.

"Le message de la Celac va être fort, clair et sûrement critique, mais il n'aura que peu d'effet sur la direction américaine qui reste, malheureusement, conduite par des intérêts domestiques", a estimé pour l'AFP Michael Shifter, président du think-tank Inter American Dialogue.

"La Celac a été créée pour s'opposer aux Etats-Unis, mais les organisations régionales sont nombreuses en Amérique latine" et "la réalité c'est que la plupart de ces pays ont des ambitions économiques qui sont très différentes de celles de Cuba", selon Paul Webster Hare, ancien ambassadeur de Grande-Bretagne à Cuba et professeur de relations internationales à l'Université de Boston, aux Etats-Unis.

Deux des plus importants pays d'Amérique latine, le Brésil et le Mexique, "restent des partenaires commerciaux de premier plan pour les Etats-Unis", souligne-t-il pour l'AFP.

En fait, remarque Paul Webster Hare, "l'intérêt viendra peut-être de la modération de la rhétorique des Cubains contre les Etats-Unis, ce qui pourrait signaler un intérêt de La Havane à élargir le dialogue avec Washington".

Le président cubain "Raul Castro sait qu'il ne peut pas compter éternellement sur le soutien économique du Venezuela et que la relation avec les Etats-Unis doit prendre une nouvelle dimension", ajoute-t-il.

Dernière née de nombreuses organisations régionales, la Celac est la dernière étape d'un processus d'affirmation politique de l'Amérique latine face à l'influence des Etats-Unis, en rassemblant des gouvernements de tous horizons politiques.

"Nous continuons à tendre, malgré les difficultés, avec beaucoup d'efforts, vers un idéal d'une Amérique latine et des Caraïbes diverses, mais unies", a affirmé le président cubain Raul Castro, qui remettra mercredi la présidence temporaire de la Celac à son homologue du Costa Rica, Laura Chinchilla.

Pour Raul Castro, qui a hérité du pouvoir en 2006 à la faveur des problèmes de santé de son frère aîné Fidel, ce sera non seulement le premier sommet régional de cette importance qu'il organise, mais aussi une large reconnaissance diplomatique, au-delà de ses alliés traditionnels, Venezuela, Bolivie, Nicaragua et Equateur, qui prendra la présidence de l'organisation en 2015.

Et aucun des responsables régionaux n'a encore prévu de rencontrer de dissidents cubains, malgré quelques appels de ces derniers à leur accorder une rencontre.

Lors du précédent grand rendez-vous régional à Cuba, le sommet Ibéro-Américain de 1999, les représentants de sept pays - dont l'Espagnol José Maria Aznar - avaient provoqué l'ire des autorités cubaines en rencontrant des dissidents.

Plus de cent dissidents ont été arrêtés par les autorités cubaines, à la veille de ce sommet, ont dénoncé dimanche des mouvements d'opposition.

Le dissident Guillermo Fariñas a ainsi affirmé à l'AFP être assigné à domicile.

Le sommet sera aussi l'occasion pour le président cubain d'inaugurer le "mégaport" de Mariel, à 45 km à l'ouest de La Havane, en présence de son homologue brésilienne Dilma Roussef dont le pays en a financé la construction, symbole de l'ouverture de Cuba vers la modernité.

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