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27/01/2014 01:03 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Poutine n'a pas le temps de rencontrer la nièce de Wallenberg à Bruxelles (Kremlin)

Le président russe Vladimir Poutine, attendu mardi à Bruxelles, "n'aura pas le temps" d'y rencontrer la famille du diplomate suédois Raoul Wallenberg, disparu en URSS après avoir sauvé des Juifs hongrois pendant la Seconde guerre mondiale, a annoncé lundi son porte-parole.

La nièce de Raoul Wallenberg, Louise von Dardel, s'est rendue à Bruxelles lundi, porteuse d'une lettre adressée au président russe lui demandant un accès à des documents cruciaux qui se trouveraient encore dans des archives en Russie afin d'élucider les circonstances de la disparition du diplomate.

Le programme de M. Poutine à Bruxelles, où il participera à un sommet entre l'Union européenne et la Russie, "est rédigé depuis longtemps et il est si chargé que physiquement il est impossible malheureusement de trouver du temps pour une rencontre de plus", a indiqué Dmitri Peskov, cité par l'agence Interfax.

En revanche, Mme von Dardel a été reçue lundi après-midi par un membre de l'entourage du président du Conseil européen Herman Van Rompuy, selon un de ses proches. "La rencontre a été très positive et constructive", a déclaré à l'AFP Tomas Sandell, qui faisait lui-même partie de la délégation. "Notre espoir est qu'il y aura un moyen de soulever la question" mardi auprès de M. Poutine, a-t-il ajouté. Dirk De Backer, porte-parole de M. Van Rompuy, a confirmé à l'AFP qu'un conseiller diplomatique du président du Conseil européen avait reçu la délégation et qu'une lettre lui avait été remise.

M. Sandell n'a pas précisé si M. Van Rompuy avait l'intention de seulement évoquer le sujet avec le président Poutine, ou de lui remettre la lettre en main propre. Selon lui, "les deux options sont possibles".

Selon le porte-parole du Kremlin, le ministère russe des Affaires étrangères suit ce dossier depuis longtemps.

Le délégué du Kremlin chargé des droits de l'homme, Vladimir Loukine, a de son côté estimé qu'il était temps de publier les archives sur les circonstances de la mort du diplomate suédois.

"Si nous avons la moindre information qui n'a pas été rendue publique, elle doit être publiée", a-t-il dit à Interfax. "Les personnes concernées ne sont sûrement plus en vie, c'est donc une affaire qui appartient à l'Histoire et elle doit être dévoilée", a-t-il ajouté.

Wallenberg, en poste à Budapest, avait permis à des dizaines de milliers de Juifs hongrois d'échapper à l'occupant nazi en 1944 et 1945, en les cachant ou en leur fournissant des papiers suédois. Il a été arrêté par les forces soviétiques en Hongrie le 17 janvier 1945 et a disparu depuis. Malgré les demandes insistantes de sa famille, les circonstances de cette disparition n'ont jamais été élucidées.

La version officielle soviétique, que la Russie estime toujours valable, est que le Suédois est mort d'une crise cardiaque le 17 juillet 1947 en détention à Moscou.

Certains historiens estiment toutefois que Wallenberg a été exécuté.

"Nous avons une série de sources indirectes qui démontrent assez fermement que Wallenberg a été tué", a déclaré lundi Alexandre Roguinski, chef de l'ONG russe de défense Memorial qui s'attache à faire connaître l'histoire des répressions en URSS, cité par Interfax.

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