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27/01/2014 01:14 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Les trois quarts des Japonais ne ressentent pas les bienfaits des "Abenomics"

Près de trois quarts des Japonais ne ressentent pas les bienfaits de la politique économique du Premier ministre, Shinzo Abe, qui a fait de la relance la priorité de son mandat, indique un sondage réalisé au cours du week-end.

Selon cette enquête effectuée auprès de 1.016 personnes par l'agence de presse Kyodo, 73% des personnes interrogées estiment que les réformes introduites par le chef du gouvernement conservateur n'ont pas encore eu d'effet positif sur leur situation personnelle. Quelque 25% jugent en revanche en avoir profité.

Revenu au pouvoir en décembre 2012, M. Abe a lancé immédiatement une ambitieuse politique de relance surnommée "Abenomics" qui repose sur trois piliers: des dépenses budgétaires pour doper l'activité notamment dans le secteur de la construction, un assouplissement monétaire considérable de la part de la Banque du Japon et des réformes structurelles, pas encore toutes engagées, visant à favoriser l'activité des entreprises.

Cette politique qui ambitionne de débarrasser la troisième puissance économique mondiale d'une déflation handicapante a eu pour effet, entre autres, d'entraîner une forte dépréciation du yen (21% face au dollar et 26% face à l'euro en 2013) qui a à son tour favorisé une envolée de 57% de l'indice vedette de la Bourse de Tokyo en 2013.

Cette première année de M. Abe depuis son retour aux affaires a fortement profité au marché tokyoïte et aux entreprises japonaises tournées vers l'étranger, dont les revenus hors de l'archipel ont été dopés par la baisse du yen, lorsqu'elles les ont convertis en monnaie japonaise. Mais en 2014, M. Abe a promis que la classe moyenne japonaise bénéficierait à son tour de sa politique.

"Au printemps, les salaires vont augmenter. Cette hausse, attendue depuis longtemps, favorisera une progression de la consommation" et permettra au Japon d'entrer dans un cercle économique vertueux, a affirmé M. Abe lors du forum économique mondial de Davos (Suisse) la semaine dernière.

A ce sujet toutefois, 66% des sondés ont dit ne pas s'attendre à une hausse de leur salaire, tandis que 28% des personnes interrogées tablent à l'inverse sur une progression des rémunérations.

Déjà rogné par un retour modéré de l'inflation, notamment du côté des tarifs de l'énergie, le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires japonaises risque de souffrir d'une hausse de la taxe sur la consommation (équivalente de la TVA française), qui passera le 1er avril de 5% à 8%.

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