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27/01/2014 12:38 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Les médecins en ébullition en Equateur

Le secteur de la santé est en ébullition en Equateur, où des médecins ont appelé lundi à manifester, menaçant de démissionner en bloc pour protester contre une loi sanctionnant de prison les "mauvaises pratiques".

Des hôpitaux publics et privés ont appelé les praticiens à défiler à Quito contre ce texte inscrit dans le nouveau Code pénal, qui peut valoir à jusqu'à cinq de prison en cas d'erreur médicale. La révocation de sa licence et l'obligation de passer un examen pour pouvoir exercer à nouveau font aussi partie des sanctions.

Le directeur de la fédération médicale équatorienne, Alberto Narvaez, a appelé le président Rafael Correa à apposer "son veto ou changer la rédaction" de la loi. "Mais il a rejeté notre demande et entend agir à sa guise, de manière autoritaire", a-t-il ajouté.

Accusées par le chef de l'Etat de faire le jeu de l'opposition, les fédérations de médecins estiment que le texte est ambigu et expose principalement les chirurgiens au risque pénal.

Dirigeant socialiste au pouvoir depuis 2007, M. Correa, qui est d'habitude plus en conflit avec les milieux de la finances que de la santé, a qualifié cette crise de "totalement injuste, totalement illégitime, voire déloyale".

"Il n'y a pas un gouvernement qui ait fait autant pour les médecins", a-t-il déclaré à la radio, appelant lui-même à des rassemblements de soutien en sa faveur.

Face au risque de démissions massives, le président équatorien, qui se dit déterminé à ne pas céder, a pris les devants en ordonnant aux ambassades à l'étranger de "commencer à recruter des médecins" si nécessaire.

Lundi matin, les services de santé fonctionnaient normalement à Quito, sauf dans certains centres spécialisés comme celui de la lutte contre le cancer, où les consultations ont connu des retards, a constaté un correspondant de l'AFP.

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