NOUVELLES
27/01/2014 06:08 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

La Russie commémore les 70 ans de la levée du blocus de Léningrad

La Russie a commémoré lundi les 70 ans de la levée du blocus nazi de Leningrad, qui a fait plus d'un million de morts de faim lors de la Deuxième guerre mondiale, le président allemand exprimant de son côté sa "profonde honte".

Le président russe Vladimir Poutine, né après la guerre mais qui a révélé en 2012 que son frère aîné était mort en bas âge à Leningrad (nom soviétique de Saint-Pétersbourg) lors du siège du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, s'est rendu dans sa ville natale pour participer aux commémorations.

"Il est de notre devoir de faire en sorte que (...) l'on se souvienne, dans notre pays et à l'étranger, de cette tragédie, du courage et de l'héroïsme du peuple soviétique et des habitants de Leningrad", a déclaré M. Poutine lors d'une rencontre avec des vétérans, selon l'agence Ria Novosti.

Le chef de l'Etat russe a déposé des fleurs au mémorial du cimetière Piskarevskoïé.

Plus de 1.500 militaires ainsi que des chars de l'époque T-34 et des complexes modernes "Iskander" ont participé lundi à une parade en mémoire de la levée du blocus.

Dans une lettre à son homologue russe, le président allemand Joachim Gauck a exprimé sa "profonde honte".

"L'Allemagne est consciente de sa responsabilité historique pour la souffrance infligée aux habitants de Leningrad et pour la brutalité avec laquelle ses soldats, ses troupes et ses commandos SS ont mené la guerre", a écrit M. Gauck, dont la fonction en Allemagne est essentiellement honorifique.

"Je vous le dis, à vous et à votre peuple: nous partageons la souffrance des victimes et nous compatissons à la douleur des survivants qui aujourd'hui encore ressentent les séquelles de la guerre", a ajouté M. Gauck, ancien citoyen de la République démocratique allemande (RDA) communiste.

"Il est de notre devoir de préserver la mémoire de la souffrance que les Allemands ont infligée aux Russes", a encore écrit M. Gauck, après avoir indiqué récemment qu'il comptait faire une visite d'Etat en Russie, dont la date n'a pas encore été communiquée.

Depuis quelque jours, une rue en plein centre de Saint-Pétersbourg s'est transformée en musée en plein air du blocus.

Des voitures de l'époque, des tramways, des canons anti-aériens, des sacs de sable ainsi que des photos, des affiches et des annonces de l'époque du siège reconstituent l'atmosphère de l'époque.

Sur un grand écran on peut voir la chronique de la défense de Leningrad.

"C'est très bien que l'on puisse montrer tout cela aux enfants. Ils doivent connaître leur histoire", a dit à l'AFP Natalia Zvereva, venue avec son enfant.

"Ma grand-mère qui a survécu au siège, était dans l'incapacité d'en parler", a déclaré Sergueï Stepanenko, 45 ans.

En près de 900 jours de siège, Leningrad encerclée par la Wehrmacht a perdu plus des deux tiers de ses habitants et subi des dégâts matériels considérables. Les victimes civiles mourraient de faim, de froid et d'épuisement, ainsi que des bombardements.

mak-clp/bfi/gg