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27/01/2014 10:19 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Égypte: le général el-Sissi obtient une promotion

LE CAIRE, Égypte - L'auteur du coup d'État qui a chassé le président islamiste égyptien l'été dernier, le général Abdel-Fatah el-Sissi, a été promu lundi au rang de feld-maréchal, le rang le plus élevé de l'armée.

Cette promotion semble rapprocher le général el-Sissi un peu plus d'une candidature lors des prochaines élections présidentielles, qui doivent avoir lieu à la fin du mois d'avril.

L'agence de presse officielle d'Égypte, MENA, a ensuite annoncé que les principaux généraux du pays ont approuvé la candidature du général el-Sissi. La Cour suprême des forces armées s'est rangée à l'unanimité derrière sa candidature, au terme d'une rencontre de plusieurs heures.

MENA a précisé que le général el-Sissi confirmera ses intentions au cours des prochaines heures. Sa victoire semble inévitable s'il devait choisir de se présenter, en raison de sa popularité auprès de larges segments de la population, du manque d'alternatives, des appuis dont il jouit au sein des médias et de l'intimidation dont font l'objet ceux qui osent le critiquer.

Des manifestations importantes organisées par des partisans de l'armée ont eu lieu pendant la fin de semaine pour inciter le général el-Sissi à briguer la présidence. Au même moment, les forces de l'ordre sévissaient contre les islamistes qui réclamaient le retour du président déchu Mohammed Morsi, lors d'affrontements qui ont fait près de 50 morts.

Le général de 59 ans, qui a reçu des formations aux États-Unis, était essentiellement inconnu avant d'être nommé ministre de la Défense et chef de l'armée par l'ancien président Morsi. Il est depuis devenu le personnage le plus puissant d'Égypte et plusieurs voient en lieu le sauveur du pays.

Le vice-premier ministre égyptien, Ziad Bahaa-Eldin, a quant à lui annoncé sa démission lundi. Il comptait parmi les rares membres du gouvernement à tenter de freiner la répression et à promouvoir une réconciliation avec les islamistes.

Dans une brève allocution à la télévision d'État, dimanche, le président par intérim, Adli Mansour, a fait savoir qu'il demanderait à la Commission électorale de permettre aux candidats à la présidence du pays de s'enregistrer.

Selon la nouvelle Constitution égyptienne récemment adoptée par les parlementaires, la présidentielle doit avoir lieu à l'intérieur des 90 jours suivant son adoption, ou avant la fin du mois d'avril. Les élections législatives devront quant à elles être tenues avant la fin du mois de juillet.

Plusieurs appels ont été lancés pour que le général el-Sissi se présente, ses partisans affirmant que seul un homme à la poigne solide sera en mesure de mettre de l'ordre dans l'éventail de problèmes auxquels est confronté l'Égypte.

Il n'a toutefois pas encore fait d'annonce officielle à cet égard. Le général devrait d'abord démissionner de son poste de ministre de la Défense et quitter l'armée avant d'entamer sa campagne présidentielle, puisque la loi égyptienne ne permet pas à un membre actif des forces armées de briguer la présidence.

M. Mansour a soutenu dimanche que la montée du terrorisme ne ferait pas dérailler le processus de transition démocratique.

Un général à la retraite qui entretient des liens étroits avec l'armée, Hossam Sweilam, a dit croire que la promotion du général el-Sissi représente un dernier honneur avant qu'il ne brigue la présidence.

«C'est une décision tardive par l'État pour rendre hommage à l'homme qui a chassé les Frères musulmans du pouvoir, a-t-il expliqué à l'Associated Press. On veut lui permettre de quitter l'armée en détenant le titre le plus élevé avant de se présenter aux élections.»