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27/01/2014 09:39 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Des convois d'aide de l'ONU arrivent en République centrafricaine

BANGUI, République centrafricaine - Des dizaines de rebelles musulmans qui ont chassé le président de la République centrafricaine l'an dernier sont sortis lundi de la principale base militaire du centre-ville de Bangui, quelques heures après que certains de leurs officiers aient été escorté hors de la capitale par des soldats étrangers.

Des dizaines de civils musulmans ont aussi choisi de quitter la capitale, craignant pour leur sécurité à un moment où les tensions sectaires demeurent très élevées.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a prévenu lundi que le pays se trouve maintenant à un point tournant essentiel.

«La situation sécuritaire et des droits de la personne s'est encore détériorée au cours des derniers jours, a-t-elle dit. Les civils musulmans sont maintenant très vulnérables. Plusieurs sont chassés du pays, en compagnie d'anciens rebelles, et ils sont en fuite, surtout en direction de la frontière avec le Tchad.»

De nombreux combattants rebelles seraient venus du Tchad en tant que mercenaires pour appuyer le gouvernement de Michel Djotodia, l'ancien chef rebelle qui s'était emparé de la présidence.

L'évacuation de Camp de Roux — normalement la principale base de l'armée dans la capitale — survient deux semaines après que M. Djotodia ait renoncé au pouvoir, face à la pression internationale dont il faisait l'objet pour son incapacité à mettre fin aux effusions de sang. Un nouveau gouvernement intérimaire a promis de faire cesser les violences et d'organiser des élections au plus tard en février 2015.

Certains rebelles pourraient toutefois décider de rester en République centrafricaine. La ville de Mbaiki, à environ 110 kilomètres au sud-ouest de Bangui, est toujours entre les mains des rebelles. Le colonel Al Nour Moussa a dit attendre les instruction du gouvernement de la présidente intérimaire Catherine Samba-Panza.

«Si elle veut vraiment travailler avec nous, nous sommes prêts à servir. Autrement, nous pouvons aller libérer Bangui, nous en sommes capables», a-t-il lancé à l'Associated Press.

Par ailleurs, l'armée française a escorté lundi vers Bangui des dizaines de camions qui transportaient une aide d'urgence fournie par le Programme alimentaire mondial de l'ONU.

Le convoi est composé d'une centaine de camions. Certains véhicules ont commencé à arriver lundi du Cameroun voisin, après que des préoccupations de sécurité le long de la route vers Bangui eurent empêché l'ONU d'acheminer cette aide d'urgence.

Un premier groupe d'une trentaine de camions a été accueilli dans le quartier PK26 par des forces rwandaises et françaises, qui l'ont escorté jusqu'à destination.

La capitale de la République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis que le leader rebelle qui s'était emparé du pouvoir l'an dernier a quitté et qu'un gouvernement intérimaire a été mis en place.

Un nombre inconnu de personnes ont perdu la vie au cours des dernières semaines, alors que se sont intensifiés les affrontements entre chrétiens et musulmans.