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27/01/2014 02:54 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Décision de la CIJ sur une zone maritime: "satisfaction" du Pérou, "regret" au Chili

Le président péruvien Ollanta Humala a qualifié lundi la décision de la Cour internationale de Justice attribuant au Pérou une zone maritime sous souveraineté chilienne de "motif de satisfaction" alors que son homologue chilien Sebastian Piñera faisait part de son "regret" quant à la perte de droits maritimes.

"Nous avons récupéré plus de 70% de ce que nous demandions. Cette décision sera acceptée et respectée par le Pérou et nous faisons confiance au Chili pour qu'il s'y conforme également", a annoncé le président péruvien dans un discours à la Nation prononcé peu après la décision de la CIJ à La Haye.

Pratiquement au même moment, son homologue et voisin du sud déplorait depuis le Palais de la Moneda la perte des droits maritimes chiliens sur une importante zone de quelque 22.000 kilomètres carrés d'océan.

"S'il est vrai que dans cette zone, le Chili préserve la liberté de navigation maritime et de navigation aérienne, cette attribution constitue sans aucun doute une perte regrettable pour notre pays", a notamment déclaré M. Piñera.

Après une procédure qui a duré 6 ans, la Cour internationale de Justice a accordé lundi au Pérou une importante zone maritime se trouvant sous souveraineté chilienne, donnant partiellement raison à Lima dans le conflit territorial maritime l'opposant à Santiago.

Selon une carte fournie par les juges de la CIJ, la Cour a de fait confirmé les frontières actuelles pour la partie proche des côtes, mais a redessiné la frontière en faveur du Pérou pour la zone maritime se trouvant entre 80 et 200 milles marins au large du continent sud-américain.

Des centaines de Péruviens rassemblés sur la Plaza de Armas, le coeur historique de Lima, ont pu suivre en direct la lecture de l'arrêt de la Cour qui a duré quelque deux heures.

La décision a été accueillie par les cris de "Vive le Pérou!", "Justice a été faite!", alors que les nombreuses personnes présentes agitaient le drapeau rouge et blanc du Pérou ou entonnaient l'hymne national.

A Arica, ville frontalière chilienne à 2.000 km au nord de Santiago, des heurts ont opposé la police à des manifestants protestant contre la décision de La Haye.

"Nous perdons la pêche de la morue, du requin, de nombreuses ressources qui nous appartenaient", a notamment déclaré à la presse Zoila Bustamante, présidente de la Confédération Nationale de la pêche artisanale.

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