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27/01/2014 02:29 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Cambodge: la police disperse une nouvelle manifestation par la force

La police anti-émeute cambodgienne a utilisé lundi fumigènes et matraques électriques pour disperser des manifestants qui réclamaient une licence pour une chaîne de télévision indépendante, énième répression violente d'une manifestation ces dernières semaines.

Selon un journaliste de l'AFP, quelque 300 manifestants menés par Mam Sonando, propriétaire d'une radio indépendante, ont marché vers le ministère de l'Information pour demander une licence pour créer une chaîne de télévision, alors que le Cambodge est accusé de n'en octroyer qu'aux médias pro-gouvernement.

La police est alors intervenue. Des manifestants et des journalistes, dont un photographe de l'AFP, ont été frappés à coups de matraque et plusieurs ont été blessés, selon des défenseurs des droits de l'Homme.

"D'autres stations de radio ont une chaîne de télévision, pourquoi ma station Beehive ne le peut-elle pas?", a dénoncé Sonando, farouche adversaire du gouvernement.

Le Franco-Cambodgien avait été condamné en 2012 à 20 ans de prison pour insurrection et incitation à l'usage d'armes contre l'Etat.

Il avait finalement été libéré après huit mois de prison l'an dernier, après que la justice a considérablement réduit sa peine en appel, le condamnant seulement pour exploitation et occupation illégale d'une forêt.

Le porte-parole de la municipalité de Phnom Penh, Long Dimanche, a indiqué lundi que la manifestation avait été dispersée parce qu'elle était illégale. "Les autorités ont simplement appliqué la loi".

Début janvier, la police avait ouvert le feu sur un rassemblement d'ouvriers du textile en grève pour réclamer de meilleurs salaires, tuant au moins quatre personnes.

Les autorités avaient alors interdit jusqu'à nouvel ordre toute nouvelle manifestation à Phnom Penh, dispersant des partisans de l'opposition qui occupaient depuis des semaines un parc de la ville pour réclamer de nouvelles élections.

Le scrutin de juillet 2013 avait été remporté une nouvelle fois par le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis près de 30 ans, mais l'opposition a rejeté les résultats, dénonçant des fraudes massives.

Dimanche, de nouveaux heurts avaient eu lieu entre police et manifestants, dont des moines bouddhistes, qui réclamaient de meilleurs salaires pour les ouvriers du textile et la libération de 23 militants arrêtés début janvier.

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