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26/01/2014 12:44 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

Yves Jacques contribue à la réussite des Fausses confidendes de Mariveau

PARIS - Pour Yves Jacques, c'est «un rêve devenu réalité» : jusqu'aux premiers jours du printemps, le comédien québécois donne la réplique à la grande Isabelle Huppert dans Les Fausses Confidences, une pièce de Marivaux, sur la scène de l'Odéon, un des plus prestigieux théâtres de Paris.

Le spectacle, mise en scène par le Suisse Luc Bondy, était un des plus attendus de ce début d'année. C'est un triomphe. La pièce est acclamée par le public et unanimement encensé par la critique. Celle-ci salue avec enthousiasme, à la manière du magazine Les Inrockuptilbles, ces Fausses confidences «surréalistes», le jeu irrésistible d'Isabelle Huppert, mais aussi une distribution impeccable.

Parmi les «brillants acteurs qui expriment avec clarté la langue de Marivaux» (Le Figaro), Yves Jacques tient le rôle du valet Dubois. C'est le pivot de la pièce : il est le manipulateur qui mène l'action à coups de vraies-fausses confidences, dans le but de rendre Araminte (Isabelle Huppert) amoureuse de son ancien maître Dorante (Louis Garel), jeune homme désargenté follement épris de la riche veuve.

Dos vouté, longue mèche de cheveux à la Malraux sur le front, cigarette au bec, le Québécois compose un Dubois remarquable, et remarqué. L'ensemble de la presse y est allé d'un bon mot à son endroit. Le Figaro, vantant sa «délicatesse», l'a trouvé «très fin». Il «incarne un fripon avec une grande classe», a ajouté Le Point, pendant que le journal Les Échos évoquait «un séduisant Cupidon, mâtiné de Lucifer».

«Yves Jacques est un Dubois magistral», peut-on lire sur le blog Coup de théâtre du quotidien Le Monde.

Dans la carrière d'Yves Jacques, ces Fausses confidences marqueront à n'en pas douter une étape importante. Depuis qu'il a décidé de partager sa vie et sa carrière entre Montréal et Paris, le Québécois s'est produit à quatre reprises sur des scènes parisiennes, dont deux fois seul en scène, en alter ego de Robert Lepage, dans La Face cachée de la lune et Le Projet Andersen. Mais c'est la première fois qu'il tient un «vrai rôle du répertoire français».

«Moi, je savais que je pouvais jouer ça, mais là, j'ai l'occasion de le prouver, dans un théâtre magnifique, un metteur en scène exigeant qui me fait grandir, une grande comédienne, un distribution superbe. C'est une chance inouïe. Moi qui ai si souvent joué tout seul, j'ai l'impression de faire partie d'une gang, d'arriver vraiment à Paris, d'entrer dans le sérail», explique le comédien, avec enthousiasme.

Yves Jacques, qui campe un Dubois ambigu à souhait, a énormément travaillé son rôle et le courant avec Isabelle Huppert passe à merveille.

«J'ai toutes mes scènes avec elle ! C'est un bonheur. Elle est adorable. Elle aime quand ça bouge, elle me frappe, elle me bat, elle aime être surprise. On est vraiment partenaires, presque en osmose», ajoute-t-il.

Même s'il est «fou de joie» de montrer chaque soir sur les planches de l'Odéon, Yves Jacques n'oublie pas le cinéma, où sa carrière va aussi très bien. Il est d'ailleurs à l'affiche d'une nouvelle production française: Belle comme la femme d'un autre, une comédie mettant en vedette Zabou Breitman, Audrey Fleurot et Olivier Marchal, qui a pris l'affiche mercredi dernier. Il a aussi tourné dans Grace de Monaco, le «biopic» d'Olivier Dahan, dont on sait depuis quelques jours qu'il fera l'ouverture du prochain Festival de Cannes.