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26/01/2014 04:30 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

L'Iran attend les étrangers pour relancer son secteur énergétique

L'Iran attend de pied ferme les grandes compagnies étrangères pour relancer l'exploitation de son énorme champ gazier sous-marin de South Pars, encouragé par la levée de certaines sanctions économiques.

"Nous accueillerons les sociétés et les investisseurs étrangers s'il veulent revenir", affirme Hamid Reza Massoudi, ingénieur en chef de la raffinerie en construction près de la petite ville d'Assaluyeh, sur le côte du Golfe, à environ 900 km au sud de Téhéran.

Les étrangers "feraient certainement accélérer les travaux", ajoute-t-il, au milieu du chantier.

Le développement de South Pars, gigantesque champ gazier en mer que l'Iran partage avec le Qatar, est sous-exploité en raison des sanctions décrétées par les Etats-Unis et l'Union européenne en 2012.

Des compagnies publiques ou privées iraniennes ou des société chinoises ont tenté de combler les départs du français Total, de l'espagnol Repsol et de l'anglo-néerlandais Royal Dutch Shell, avec des résultats contrastés.

La priorité du président iranien Hassan Rohani, élu en juin 2013, a été de résoudre la crise avec les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Il a obtenu un premier succès avec l'accord signé à Genève fin novembre qui gèle pour six mois certaines activités nucléaires en échange d'une levée partielle des sanctions occidentales.

Cet accord a relancé les espoirs d'une levée totale des sanctions, notamment l'embargo pétrolier qui a brutalement réduit la production et divisé par plus de deux les exportations de brut, vitales pour l'économie.

"Nous avons identifié un volume gigantesque d'investissements et d'activités techniques pour relancer la production de pétrole et de gaz (...) et les grandes compagnies internationales peuvent jouer un rôle", a affirmé le ministre du Pétrole Bijan Zanganeh, avant de participer la semaine dernière au Forum économique mondial de Davos (Suisse) où il a tenté de convaincre les majors de reprendre leurs activités.

Coopération constructive

Selon le ministère, quatre raffineries sont presque terminées à South Pars. Divisé en 24 Phases, le champ gazier dispose de 10 raffineries totalement opérationnelles.

La Phase 12, la plus importante, pourra à terme produire 81 millions de m3 de gaz par jour.

Alireza Ebadi supervise les travaux sur cette Phase, un projet de 7,8 milliards de dollars. Il assure que la raffinerie pourra débuter "d'ici quelques mois", ou plus rapidement si les sanctions sont levées.

Car le matériel essentiel, notamment des compresseurs commandés par un intermédiaire italien et construits en Allemagne, n'ont toujours pas été livrés, précise M. Ebadi.

"Ils sont soumis aux sanctions de l'UE", explique-t-il, en marge d'une visite de presse sur le site organisé par le ministère du Pétrole.

Une fois opérationnelles, les quatre usines pourront pratiquement doubler la production de gaz (290 millions de m3 actuellement) destinée essentiellement à la consommation intérieure, selon des responsables du ministère.

Lors de son dernier passage au ministère entre 1997 et 2005, Bijan Zanganeh, avait attiré des investissements étrangers massifs dans le pétrole et le gaz.

Le pays, assis sur les quatrièmes réserves mondiales de pétrole, dispose aussi des deuxièmes réserves de gaz juste derrière la Russie.

Mais la production et les exportations ne suivent pas en raison du manque de technologies dû aux sanctions. L'Iran manque ainsi d'installations et de technologie pour produire du gaz naturel liquéfié (GNL) et l'exporter par bateau.

Côté pétrole, M. Zanganeh veut ramener la production actuelle de 2,7 millions de barils/jour à son niveau d'avant les sanctions (4,2 mbj).

L'Iran est "prêt à engager une coopération constructive pour promouvoir la sécurité énergétique mondiale en s'appuyant sur ses vastes ressources dans une structure d'intérêts mutuels", a affirmé à Davos le président Rohani aux grandes sociétés pétrolières.

Mais celles-ci veulent attendre la conclusion d'un accord global et la levée totale de l'embargo pétrolier. "Aujourd'hui, il y a un embargo. Cet embargo est valide pour tout le monde et nous attendrons qu'il soit levé" pour revenir en Iran, avait affirmé début octobre le PDG de Total Christophe de Margerie.

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