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26/01/2014 06:43 EST | Actualisé 28/03/2014 05:12 EDT

François Hollande en président célibataire, le sort de Valérie Trierweiler en question

François Hollande entame en célibataire une nouvelle étape de sa présidence après avoir officiellement rompu samedi avec sa compagne Valérie Trierweiler, deux semaines après la révélation de sa liaison avec une actrice.

La tempête soulevée par ce vaudeville à la tête de l'Etat était cependant loin d'être apaisée dimanche, les médias français regorgeant de supputations sur les "coulisses de 16 jours de crise" (Le journal du Dimanche), témoignages anonymes à l'appui, et s'interrogeant sur le sort de Valérie Trierweiler.

Le président français, qui entame lundi une visite officielle en Turquie et se rendra le 11 février aux Etats-Unis à l'invitation de Barack Obama, a assumé seul la décision de mettre fin à sa relation avec la femme qui l'a accompagné dans sa stratégie de conquête du pouvoir et durant ses premiers mois à l'Elysée.

C'est par un coup de téléphone à la chef du service politique de l'AFP samedi soir qu'il a fait part de ce qu'il continue à présenter comme un évènement de sa "vie privée".

"Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler", s'est borné à déclarer François Hollande.

"Cette décision était nécessaire", au nom de "la clarté", a commenté dimanche matin le ministre du Travail Michel Sapin, un proche et ami du président.

Valérie Trierweiler est sortie de son silence quelques heures après la déclaration de François Hollande. "Toute ma gratitude va à l'extraordinaire personnel de l'Elysée. Je n'oublierai jamais son dévouement ni l'émotion au moment du départ", a-t-elle écrit sur son compte tweeter.

L'ex "première dame" s'est envolée dimanche en fin de matinée à bord d'un avion de ligne de la compagnie Air France pour Bombay, pour y soutenir l'ONG Action contre la faim (ACF). Ce déplacement humanitaire prévu de longue date est financé par des entreprises, partenaires privés de l'association, et non par l'Elysée. Par mesure de sécurité, elle sera cependant accompagnée par un garde du corps.

Mme Trierweiler "va mieux", a assuré son entourage dimanche à l'AFP. Elle avait été hospitalisée durant une semaine après la révélation de la liaison cachée de François Hollande, puis s'était retirée loin de la pression médiatique à la résidence présidentielle de la Lanterne, près du château de Versailles. Elle reste "en bons termes avec le président", avec lequel elle a déjeuné jeudi, selon la même source.

Fin de la première dame ?

Selon le Journal du Dimanche, un arrangement a été trouvé pour qu'elle n'ait pas à pâtir matériellement de la rupture. Valérie Trierweiler, divorcée et mère de trois enfants, qui avait tenu à rester journaliste afin d'assurer son indépendance financière (elle tient une chronique littéraire dans l'hebdomadaire Match), conservera aussi l'usage de l'appartement que louait le couple dans le tranquille 15e arrondissement de Paris.

Les médias reviennent sur les difficultés qu'elle avait eues à se glisser dans les habits de "première dame" depuis l'élection de François Hollande à la présidence en mai 2012. Ce rôle mal défini, qui ne correspond à aucune fonction officielle et donc à aucune obligation particulière, pourrait bien disparaître avec son départ.

"Dans le monde d'aujourd'hui, dans la France d'aujourd'hui, il n'y a plus de statut de la première dame", a assuré Michel Sapin. Une opinion partagée par la majorité des Français: 54% ne souhaitent ni rôle ni statut officiel ni, moyens de la République accordés à l'épouse ou la compagne du président, selon un sondage BVA pour Le Parisien.

François Hollande ne sera pas le seul chef d'Etat ou de gouvernement à ne pas avoir de conjoint: Du Belge Elio di Rupo (premier chef de gouvernement à avoir révélé son homosexualité) au président algérien Abdelaziz Bouteflika ou au Bolivien Elio Morales, ils sont nombreux à assumer leur charge en célibataires. D'autres, comme les présidents Vladimir Poutine (Russie), Michelle Bachelet (Chili) ou Dilma Rousseff (Brésil) sont divorcés sans être remariés.

Le président, dont la cote de popularité était déjà au plus bas avant cet épisode de sa vie privée, espère maintenant consacrer toute son attention à la mise en oeuvre des réformes qu'il a annoncées le 14 janvier afin de faire repartir l'économie française en panne. Ce qui n'est pas gagné. A la veille de l'annonce des chiffres du chômage de décembre 2013, et alors que M. Hollande avait promis une inversion de la courbe du chômage, Michel Sapin a reconnu que l'on s'orientait plutôt vers "une situation de stabilisation, ce qui est déjà considérable".

bur-nou/ros