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26/01/2014 04:53 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

Enlèvements en Libye: l'ambassadeur égyptien quitte Tripoli

L'ambassadeur d'Egypte en Libye et des dizaines de diplomates ont quitté Tripoli pour des raisons de sécurité, après l'enlèvement de cinq employés de l'ambassade, a indiqué dimanche à l'AFP un porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères.

"L'ambassadeur et plus d'une cinquantaine de fonctionnaires et diplomates de l'ambassade égyptienne ont quitté Tripoli samedi soir", a déclaré Saïd Lassoued.

Selon lui, la mission diplomatique égyptienne a préféré prendre ses précautions en matière de sécurité après l'enlèvement de cinq de ses membres en moins de 24h entre vendredi et samedi.

M. Lassoued a ajouté que les autorités libyennes oeuvraient toujours dimanche à obtenir la libération des Egyptiens enlevés, sans fournir plus de détails.

Ces enlèvements interviennent peu après l'arrestation vendredi en Egypte d'un chef des ex-rebelles libyens, qui avaient combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Chaaban Hadeia, alias Abou Obeida, est à tête d'un groupe d'ex-rebelles qui dépendent officieusement du ministère libyen de la Défense, le Centre d'opération des révolutionnaires de Libye, d'obédience islamiste.

Samedi soir, le ministre libyen de la Justice, Salah al-Marghani, a implicitement fait le lien entre l'arrestation de M. Hadeia et les enlèvements.

"Nous attendons des explications de nos frères égyptiens sur les accusations portées contre Chaaban Hadeia. En même temps, nous condamnons fermement cette réaction", a déclaré M. Marghani au cours d'une conférence de presse, qualifiant l'enlèvement des cinq Egyptiens d'"acte criminel".

Le ministère libyen des Affaires étrangères a indiqué dimanche dans un communiqué qu'il était en "contact permanent" avec Le Caire, pour obtenir des informations sur les circonstances de l'arrestation de M. Hadeia, espérant sa "libération le plus tôt possible".

Au Caire, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a confirmé samedi soir la détention de M. Hadeia, mais n'était en mesure d'en fournir les raisons. "Si l'implication de M. Hadeia (dans une affaire quelconque) n'est pas établie, il sera naturellement libéré", a-t-il précisé à l'AFP.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l'ordre et la sécurité dans un pays en proie à l'anarchie et aux violences meurtrières.

Elles ne parviennent notamment pas à contrôler des dizaines de milices armées formées par des ex-rebelles et qui font la loi dans le pays.

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