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25/01/2014 10:54 EST | Actualisé 27/03/2014 05:12 EDT

Pékin condamne un activiste chinois à quatre ans de prison

Un tribunal de Pékin a condamné un activiste chinois à quatre ans de prison pour avoir perturbé l'ordre public.

L'universitaire et avocat Xu Zhiyong, 40 ans, est le fondateur du Mouvement des nouveaux citoyens, qui milite contre la corruption des élites et pour l'éducation des jeunes en milieux ruraux.

L'annonce de la condamnation a été faite samedi par le tribunal sur le réseau social chinois Sina Weibo. Le procès a eu lieu mercredi.

L'avocat de Xu Zhiyong doit le rencontrer sous peu pour déterminer s'ils vont porter la cause en appel. Selon l'avocat, la condamnation de son client est « illégale, irraisonnable et injuste. »

Pendant son procès, Xu Zhiyong a refusé de prendre la parole, ne souhaitant pas « prendre part à cette mise en scène théâtrale », souligne son avocat.

Cette cause a déjà été critiquée par de nombreux pays, dont les États-Unis, comme étant un prétexte pour faire taire les critiques du gouvernement.

« Il s'agit d'une condamnation honteuse, mais malheureusement prévisible », a indiqué Roseann Rife, directrice de recherche pour Amnistie internationale dans l'est asiatique. « La persécution de personnes associées au Mouvement des nouveaux citoyens démontre que les élites chinoises craignent tout appel public au changement », soutient-elle.

Pendant le procès mené sous haute surveillance policière, la justice a rejeté les 68 témoins que la défense voulait appeler à la barre. Les diplomates et les journalistes n'ont également pas pu assister aux audiences.

De nombreux activistes en attente d'un procès

Xu Zhiyong fait partie d'un groupe d'une vingtaine de militants devant être jugés au cours des prochains jours. Ils sont tous accusés d'avoir perturbé l'ordre public.

Selon les avocats des militants, les procès ont été organisés à quelques jours du Nouvel An chinois, afin de minimiser leur visibilité.

Amnistie internationale avait dénoncé mardi ces procès et « l'hypocrisie » du gouvernement chinois, qui prétend vouloir lutter contre la corruption.

L'ambassadeur de l'Union européenne en Chine s'est dit inquiet du « durcissement » des autorités à l'égard des activistes, tandis que les États-Unis avaient fait part de leurs inquiétudes en juillet 2013, après l'arrestation de Xu Zhiyong.

De son côté, Pékin a demandé mardi aux pays étrangers de ne « pas s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine. »