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16/01/2014 11:59 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Une femme devient chef d'un district policier dans la capitale afghane

KABOUL - Elle porte un voile noir au lieu d'une casquette, mais pour le reste, la colonelle Jamila Bayaz ressemble à n'importe quel autre chef de police en Afghanistan quand elle passe en revue les postes de contrôle dans le centre de Kaboul.

Mme Bayaz, âgée de 50 ans, est la première femme à diriger un district policier en Afghanistan, la nomination la plus élevée possible pour une policière afghane. Elle affirme se sentir à la hauteur de ses responsabilités malgré les menaces, puisque les policières font partie des principales cibles des talibans.

«Je travaille jour et nuit», a-t-elle déclaré en marchant dans un bazar au coeur du 1er district de Kaboul. «Je suis prête à servir et je n'ai pas peur.»

Le district que Mme Bayaz supervise comprend le palais présidentiel, plusieurs ministères, la banque centrale et les principaux marchés de change et d'or de la capitale afghane.

Elle a officiellement été nommée lundi, après avoir servi pendant plus de 30 ans au sein de la force policière. Dans ses précédentes fonctions, elle était une agente en tenue civile et elle portait une robe traditionnelle et un voile. Elle attire davantage l'attention maintenant, puisqu'elle porte le pantalon qui fait partie de son uniforme, même si elle continue de porter un voile plutôt qu'une casquette.

Durant le règne des talibans, Mme Bayaz est restée à la maison pour s'occuper de ses cinq enfants.

«J'étais une femme au foyer qui s'occupait de sa famille», a-t-elle raconté. «Les femmes font partie de la société et depuis qu'ils (les talibans) sont partis, elles sont de plus en plus nombreuses à s'impliquer, et elles doivent aussi rejoindre les rangs de la police.»

Dans les deux jours ayant suivi sa nomination, elle a fait des rondes de surveillance dans des marchés et d'autres secteurs de son district, accompagnée par plusieurs gardes du corps masculins.

«Quand je suis descendue de ma voiture, j'ai parlé avec mes agents en service et tous les yeux étaient rivés sur moi. C'était intéressant pour les gens de voir une femme en uniforme», a expliqué Mme Bayaz. «Assumer mes responsabilités en portant mon uniforme est une leçon pour les autres. J'espère que cela inspirera les autres femmes à porter l'uniforme et j'espère que davantage de femmes deviendront policières.»

Selon un rapport publié l'an dernier par l'organisation Oxfam, les efforts pour recruter davantage de femmes dans la police afghane ont connu un succès limité. En 2005, la police nationale comptait seulement 180 femmes sur un total de 53 400 membres, indique le rapport. En juillet 2013, il y avait 1551 femmes dans la police afghane, sur un total de 157 000 employés.