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16/01/2014 08:53 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Ukraine: l'opposition craint une dispersion des manifestants

L'opposition ukrainienne a accusé jeudi le pouvoir de préparer la dispersion du camp de tentes sur la place de l'Indépendance dans le centre de Kiev, au lendemain de l'interdiction par la justice de toute manifestation dans le centre-ville.

"Le pouvoir crée une base légale pour une dispersion par la force du Maïdan", la place de l'Indépendance, a déclaré à l'AFP Viktor Chvets, député du parti Batkivchtchina de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

Un tribunal de Kiev a rendu publique mercredi l'interdiction de manifester dans le centre de Kiev jusqu'au 8 mars.

"Cette décision de justice est contraire à la Constitution qui garantit le droit des citoyens à des manifestations pacifiques", a souligné M. Chvets.

Le Maïdan est occupé depuis le 21 novembre, après le refus du pouvoir de signer un accord d'association avec l'Union européenne avec la Russie, qui a déclenché une contestation sans précédent contre le régime du président Viktor Ianoukovitch.

Des centaines de milliers de pro-européens sont descendus dans la rue pour protester contre la volte-face du pouvoir ainsi que contre la dispersion violente d'une manifestation étudiante fin novembre.

Les manifestants ont installé des tentes sur la place centrale de Kiev et l'ont entourée de barricades. Ils contrôlent aussi la mairie qu'ils ont prise d'assaut début décembre.

Le Parlement ukrainien dominé par les députés pro-pouvoir a de son côté voté une série de lois qui introduisent notamment la responsabilité pénale pour "extrémisme" et renforcent les sanctions pour des troubles et attaque contre des bâtiments administratifs.

La ministre de la Justice ukrainienne Olena Loukach a pour sa part dénoncé mercredi le caractère "violent" des actions de protestation en estimant que les forces de l'ordre avaient le droit d'utiliser la force contre les manifestants.

"Certaines actions ne correspondent pas aux normes européennes et visent à déclencher des violences", a déclaré Mme Loukach lors d'un point de presse, en citant à titre d'exemple les appels à bloquer les routes et à renverser le pouvoir.

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