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16/01/2014 09:24 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Thaïlande: les manifestants antigouvernementaux visent d'autres ministères

BANGKOK - Des milliers de manifestants bruyants se sont de nouveau rassemblés jeudi dans la capitale thaïlandaise, encerclant d'autres édifices gouvernementaux pour maintenir la pression sur la première ministre afin qu'elle démissionne et annule les élections prévues en février.

Les marches semblent être un moyen de maintenir la mobilisation face au déclin du nombre de manifestants qui bloquent d'importantes artères de Bangkok depuis quatre jours, dans une tentative de paralyser le gouvernement de Yingluck Shinawatra. Le nombre de manifestants pourrait de nouveau augmenter durant le week-end.

Mercredi soir, le leader des manifestations, Suthep Thaugsuban, a appelé les opposants du gouvernement à se réunir autour des bureaux du ministère du Revenu. Jeudi matin, une colonne de manifestants enthousiastes a encerclé trois édifices du ministère, demandant aux employés à l'intérieur de quitter les lieux, ce que plusieurs ont fait.

Le mois dernier, les manifestants avaient encerclé les ministères des Affaires étrangères et des Transports et d'autres agences gouvernementales, poussant certaines administrations à s'installer dans des locaux temporaires ou à permettre à leurs employés de travailler à la maison.

D'autres groupes de manifestants ont encerclé les ministères de la Santé publique et des Travaux publics. Un groupe mené par un moine bouddhiste affirmait se diriger vers le département des enquêtes spéciales, l'équivalent du FBI américain.

Les manifestations de cette semaine sont restées généralement pacifiques, même s'il y a eu des actes de violences aléatoires, dont des tirs au milieu de la nuit sur des manifestants.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, un petit engin explosif a été lancé dans la résidence d'un leader des manifestants, Somchai Issara, endommageant une moto qui se trouvait dans le garage, selon la police.

Depuis le début des manifestations en novembre, huit personnes ont été tuées et près de 450 autres ont été blessées.

Malgré les pressions des manifestants, Mme Yingluck a assuré mercredi que les élections parlementaires du 2 février auraient lieu comme prévu. Elle a dissout le Parlement et convoqué des élections anticipées pour apaiser les tensions qui se sont accrues depuis trois mois.

Mais ses opposants, majoritairement issus des classes moyenne et supérieure urbaines, refusent les élections, sachant que ses partisans des régions rurales lui donneront presque assurément la victoire. Ils réclament plutôt la nomination d'un «conseil du peuple» non élu pour remplacer le gouvernement et amender les lois pour combattre la corruption dans le monde politique.