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16/01/2014 04:21 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Syrie: exécutions par l'opposition, des crimes de guerre avertit l'ONU

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a mis en garde jeudi les groupes armés de l'opposition syrienne devant la multiplication des exécutions en masse dans le nord du pays, affirmant qu'elles peuvent être considérées comme des crimes de guerre.

"Au cours des deux dernières semaines, nous avons reçu des informations sur une succession d'exécutions en masse de civils et de combattants qui ne sont plus engagés dans les combats à Alep, Idlib, Raqa par des groupes armés radicaux de l'opposition en Syrie, en particulier par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL)", a affirmé Mme Pillay dans un communiqué, rappelant que cela "peut constituer des crimes de guerre" dont les auteurs peuvent être poursuivis par la justice.

"Si les chiffres exacts restent difficiles à vérifier, des informations crédibles que nous avons recueillies auprès de témoins oculaires suggèrent que de nombreux civils et combattants sous la garde de groupes d'opposition armés extrémistes ont été exécutés depuis le début de l'année", indique le communiqué diffusé à Genève.

L'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), lié à al-Qaïda, fait face depuis début janvier à une offensive de coalitions de rebelles islamistes et modérés. Ces derniers, excédés par les exactions attribuées à l'EIIL et sa volonté d'hégémonie, ont retourné leurs armes contre leur ex-allié dans la lutte contre le régime, dans les zones sous leur contrôle dans le nord du pays.

Selon la Haut-Commissaire, des rapports suggèrent qu'au cours de la première semaine de janvier, de nombreuses personnes ont été exécutées à Idlib par des groupes d'opposition armés. Le 6 janvier, à Alep, trois individus qui étaient supposément détenus par l'EIIL dans sa base de Makhfar al-Saleheen ont été retrouvés morts, menottés et avec des blessures par balle à la tête. Le 8 janvier, à Alep, de nombreux corps, pour la majorité également menottés et les yeux bandés, ont été retrouvés dans un hôpital pour enfants qui servait de base à l'EIIL jusqu'à ce que celui-ci soit contraint de battre en retraite après un raid mené par d'autres groupes d'opposition armés. Un témoin oculaire interrogé par le Haut-Commissariat aux droits de l'Homme a identifié au moins quatre activistes locaux des médias parmi les personnes décédées, ainsi que des combattants affiliés à divers groupes d'opposition armés qui avaient été capturés.

"L'exécution de civils et de personnes ne participant plus aux hostilités constitue une violation flagrante du droit international des droits de l'Homme et du droit international humanitaire, et pourrait constituer un crime de guerre. Ces rapports sont particulièrement alarmants, étant donné le nombre important de personnes, dont des civils, que les groupes d'opposition armés sont présumés détenir", souligne la Haut-Commissaire.

"J'appelle toutes les parties au conflit à respecter de manière stricte leurs obligations en vertu du droit international et leur rappelle que toute personne impliquée dans des crimes graves doit rendre des comptes", a ajouté Navi Pillay.

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