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16/01/2014 02:16 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Syrie : une composante de l'opposition boude les pourparlers de paix de Genève

Le Comité national de coordination syrienne (CNCD) a décidé de ne pas faire partie de la délégation de l'opposition à la conférence de paix dite de « Genève II », a annoncé jeudi le médiateur international pour la Syrie.

Lakhdar Brahimi a dit respecter, mais regretter vivement la décision du CNCD, coalition dirigée par Haytham Manna et en laquelle certains insurgés voient une simple opposition de façade au régime, en butte à une insurrection depuis trois ans.

La conférence doit s'ouvrir le 22 janvier en Suisse, sur les bords du lac Léman, et la Coalition nationale syrienne (CNS), à laquelle le Comité n'appartient pas, n'a toujours pas fait savoir si elle y participerait ou non.

Un membre de l'exécutif du CNCD, Khaled Dahoud, a confirmé à Reuters que son organisation ne prendrait pas part à « Genève II », accusant la Russie et les États-Unis d'organiser en hâte une conférence qui ne fera qu'affaiblir l'opposition au président Bachar Al-Assad.

Dans un entretien au journal Le Monde, le leader du CNCD, Haytham Manna, va même jusqu'à dire que « si l'opposition syrienne participe à Genève II, c'est un suicide politique. Cela équivaudrait à capituler, à hisser le drapeau blanc. »

Un camp Assad « puissant »

Pour Khaled Dahoud, « dans les conditions actuelles, nous n'y participerons pas [...]. La conférence de Genève, telle qu'elle est prévue, échouera ».

« Il y aura quatre jours entre la décision de la CNS de participer à Genève II et l'ouverture de la conférence. Comment pouvons-nous former une délégation unie, avec une plate-forme démocratique unie, quatre jours avant la tenue d'une conférence internationale? », s'interroge-t-il.

Selon ce responsable basé à Londres, l'opposition aurait dû disposer d'un mois pour se préparer à « Genève II ».

« En seulement quatre jours, tout ce qu'elle (l'opposition) pourra être, c'est un camp affaibli face à une délégation d'Assad puissante », dit-il à Reuters. « Le CNCD refuse d'être le témoin de l'anéantissement de la solution politique en Syrie ».

Le CNCD, qui est basé à Damas et toléré par le régime Assad, est tenu à distance par nombre de composantes de la CNS, avec laquelle l'organisation de Haytham Manna a des relations tendues.

Le CNCD rejette l'insurrection armée et appelle de longue date à un règlement négocié, qui, selon lui, ne doit pas se focaliser sur le rôle futur du président Assad mais sur la mise sur pied d'un système démocratique.

La CNS estime pour sa part que Bachar Al-Assad, dont la famille dirige le pays depuis une quarantaine d'années, ne doit jouer aucun rôle dans le pouvoir de transition dont la configuration est l'objectif affiché de « Genève II ».