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16/01/2014 04:48 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Pakistan : Musharraf a besoin de traitements de santé aux Etats-Unis (avocats)

L'ancien dirigeant militaire pakistanais Pervez Musharraf doit suivre des traitements pour ses problèmes cardiaques dans une clinique aux Etats-Unis, ont plaidé jeudi ses avocats devant un tribunal spécial chargé de le juger pour "haute trahison".

Le "Général Musharraf" est actuellement hospitalisé à l'Institut de cardiologie des forces armées à Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad, pour une maladie coronarienne après avoir subi un malaise en se rendant au tribunal il y a deux semaines.

L'ex-président, au pouvoir depuis son coup d'Etat fin 1999 à sa destitution à l'été 2008, ne s'est toujours pas présenté devant ce tribunal créé par le gouvernement de son rival Nawaz Sharif qui lui reproche d'avoir "trahi" la Constitution en promulguant l'état d'urgence en 2007.

Lors d'une audience jeudi, les avocats de M. Musharraf ont soutenu que ce dernier ne pouvait toujours pas se présenter en cour et même qu'il devait quitter le pays pour suivre des traitements dans une clinique à Paris, ville de l'Etat américain du Texas.

"Nous avons joint une lettre avec des documents de médecins d'une clinique pour les maladies coronariennes au Texas. Ils ont recommandé que (M. Musharraf) soit transféré dans cet établissement afin de suivre de nouveaux traitements", a déclaré à la cour, Me Mansoor Ali Khan.

A suite de cette requête, le tribunal spécial a indiqué avoir deux options : "présumer que l'accusé tente d'éviter les procédures" ou "constituer un conseil médical pour évaluer son état de santé".

"Nous avons opté pour la formation d'un conseil médical composé de médecins de l'Institut de cardiologie des forces armées. Ce comité devra soumettre son rapport le 24 janvier prochain", a tranché la cour dans son ordonnance.

Outre cette affaire de trahison, M. Musharraf est dans le collimateur de la justice pour les meurtres de son ex-rivale Benazir Bhutto et du chef rebelle baloutche Akbar Bugti, le renvoi unilatéral de juges et l'opération militaire contre une mosquée où s'étaient réfugiés des islamistes armés.

L'ancien général avait obtenu en novembre sa libération conditionnelle dans ses affaires après avoir été assigné à résidence pendant six mois, mais son nom figure toujours sur une liste de personnalités interdites de séjour à l'étranger.

Ses avocats ont toutefois demandé qu'il puisse quitter le pays pour des raisons médicales, ce qui lui permettrait de facto d'échapper au procès en sauvant la face, tout en évitant de nouvelles tensions entre le pouvoir civil et la puissante armée, en partie inquiète de voir l'un de ses anciens chefs comparaître pour "haute trahison", un crime passible de la peine capitale.

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