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16/01/2014 05:29 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Nouvel attentat dans un fief du Hezbollah au Liban, trois morts

Un attentat a fait trois morts jeudi dans un bastion du Hezbollah au Liban, en proie à une recrudescence des attaques depuis son engagement dans le conflit en Syrie voisine au côté du régime.

L'attaque à la voiture piégée s'est produite devant le bâtiment du siège local du gouvernement sur la place centrale de Hermel, une ville de la plaine orientale de la Békaa située à 10 km de la frontière syrienne.

Elle a été revendiqué dans la soirée par un groupe se faisant appeler "le Front al-Nosra au Liban", en référence au Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda qui se bat contre le régime de Bachar al-Assad.

"Par la grâce de Dieu, un tremblement de terre a secoué le bastion du parti de l'Iran à Hermel, dans une attaque martyr (suicide) de l'un des lions du Front al-Nosra au Liban", a écrit le groupe dans un communiqué publié sur sa page Facebook.

C'est le cinquième attentat à frapper en six mois un fief du Hezbollah, qui combat en Syrie au côté des forces de Bachar al-Assad.

Le nouvel attentat a coïncidé avec l'ouverture aux Pays-Bas du procès par contumace de quatre membres du Hezbollah accusés de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) à La Haye.

Vers 08H55 locales (06H55 GMT), une voiture piégée a explosé devant le bâtiment du siège du gouvernement à Hermel, qui abrite les bureaux de l'administration ainsi que ceux de la police et de la sécurité, a indiqué l'armée.

Plusieurs voitures ont été endommagées ou calcinées. Un cordon jaune a été placé autour d'un amas de ferraille fumante qui semble être la carcasse de la voiture piégée dans le secteur bouclé par les forces de sécurité.

Les habitants ont été pris de panique après l'explosion qui a aussi provoqué des dégâts dans plusieurs immeubles.

Peur et colère

"L'explosion était très puissante. Les gens ont vraiment peur et sont en colère. L'attaque a eu lieu juste au moment où les gens se rendaient sur leur lieu de travail", a déclaré Ali Chamas, proviseur du collège Hermel.

Selon le ministre de la Santé Ali Hassan Khalil, trois personnes ont été tuées et 31 blessées dans l'attaque. "Deux des corps ont été identifiés".

Le président libanais Michel Sleimane a dénoncé dans un communiqué "un nouvel épisode dans la série d'actes criminels qui visent la stabilité du Liban", appelant à la solidarité des forces politiques dans le pays qui est sans gouvernement depuis huit mois en raison des profondes rivalités et divisions.

Un député du Hezbollah, Nawar al-Sahili, a écarté tout lien entre cet attentat "terroriste et lâche" et l'engagement militaire du Hezbollah en Syrie, ex-puissance de tutelle au Liban.

Or dans son communiqué, le "Front al-Nosra au Liban" affirme qu'ils s'agit d'"une réponse aux crimes du parti (le Hezbollah) contre les enfants, les femmes et les sunnites en Syrie".

Escalade des attaques

Le dernier attentat contre un bastion du Hezbollah remonte au 2 janvier quand cinq personnes ont été tuées dans l'explosion d'une voiture piégée dans la banlieue sud de Beyrouth.

Une semaine plus tôt, un attentat à la voiture piégée a tué dans la capitale Mohammad Chatah, un membre sunnite de la coalition hostile au Hezbollah chiite et au régime Assad.

Les attentats ont exacerbé la division déjà profonde au Liban entre pro et anti-Assad, mais aussi les tensions entre chiites menés par le Hezbollah et sunnites représentés par l'ex-Premier ministre Saad Hariri.

Ce dernier a assisté à l'ouverture du procès à La Haye des quatre membres du Hezbollah accusés de l'assassinat de son père qui a péri le 14 février 2005 dans un attentat suicide à la voiture piégée à Beyrouth.

Le Hezbollah a maintes fois dénoncé ce tribunal.

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