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16/01/2014 10:49 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Nigeria: le président confirme la démission du chef de son parti

Le président nigérian Goodluck Jonathan a annoncé jeudi la démission du chef de son propre parti, suite à des critiques de plus en plus pressantes et des divisions internes parmi les militants.

M. Jonathan a fait part au comité exécutif national du Parti démocratique populaire (PDP, au pouvoir) de la démission de Bamanga Tukur, dans une tentative d'apaiser les tensions au sein de son propre camp, rongé par une crise sans précédent.

"Pour que nous puissions résoudre ces problèmes, le président du parti a accepté de démissionner", a déclaré le chef de l'Etat aux membres du comité lors d'une réunion à Abuja.

Au sein du PDP, la légitimité de M. Tukur était fréquemment remise en cause, celui-ci étant considéré comme un "homme du président" parachuté à cette place sans l'approbation des militants.

Cinq influents gouverneurs d'Etats avaient rallié le Congrès des progressistes (APC), principal parti d'opposition, en novembre, suivis début janvier par 37 députés du PDP, faisant perdre au parti présidentiel sa majorité absolue au parlement.

Cette crise interne laisse craindre au PDP, au pouvoir depuis la fin des dictatures militaires en 1999, une première défaite politique lors des élections générales de 2015.

M. Jonathan, chrétien originaire du Sud, n'a pas encore annoncé s'il serait candidat en 2015. Mais s'il se représentait, il violerait une règle tacite du PDP voulant qu'après un chrétien du Sud, ce soit au tour d'un musulman du Nord de se présenter.

Le président a dit avoir donné à M. Tukur "un nouveau poste" pour "promouvoir le pays et le PDP" sans donner plus de détails.

Le prochain chef du parti devrait être du Nord et son nom sera connu la semaine prochaine, a précisé M. Jonathan.

Le chef de l'Etat s'est montré imperturbable face aux défections au sein de son parti, les considérant comme "normales", avant de faire le voeu pieux que le PDP devienne "de plus en plus fort".

Selon Bayo Okunade, professeur en sciences politiques à l'université d'Ibadan, la démission de M. Tukur était indispensable pour éviter l'implosion du PDP.

"C'est un triomphe pour la démocratie que le parti ait réussi à le pousser vers la sortie", a-t-il déclaré à l'AFP.

M. Jonathan va cependant devoir gérer d'autres problèmes, selon M.Okunade, dont la réaction des partisans de M. Tukur et l'accueil réservé à son remplaçant par la base du parti.

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