NOUVELLES
16/01/2014 08:50 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Netanyahu a imposé son "ordre du jour" à Kerry (Palestiniens)

Un dirigeant palestinien, Nabil Chaath, a déploré jeudi que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait imposé au secrétaire d'Etat américain John Kerry sa revendication d'une reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme "Etat du peuple juif".

"Israël est parvenu à convaincre M. Kerry de changer l'ordre du jour des discussions", a déclaré M. Chaath, un dirigeant du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, lors d'une rencontre avec des journalistes à Ramallah, en Cisjordanie.

"A présent, Kerry fait des allers-retours pour discuter uniquement de deux questions qui n'ont jamais été à l'ordre du jour: la judéité d'Israël et la vallée du Jourdain", frontière entre un futur Etat palestinien et la Jordanie, a-t-il affirmé.

"Du point de vue israélien, reconnaître Israël comme Etat juif équivaut à abroger le droit au retour ou une solution au problème des réfugiés fondée sur la résolution 194" de l'Assemblée générale de l'ONU, a expliqué M. Chaath, dénonçant une "exigence totalement nouvelle".

"Y a-t-il un seul dirigeant palestinien sain d'esprit qui puisse accepter cela? Ou le but est-il uniquement de lui rendre impossible de signer un accord de paix avec Israël?", a-t-il lancé.

"C'est politique", a estimé ce vétéran palestinien des négociations, regrettant que M. Kerry soit "totalement englouti par cette question".

"Il essaye de voir s'il y a un moyen d'en sortir, pour continuer le reste des négociations", a ajouté M. Chaath au sujet du chef de la diplomatie américaine, qui a réussi à relancer en juillet les négociations de paix.

"Malheureusement, c'est comme ça maintenant. Il s'agit d'un problème de récit (historique entre les deux parties, NDLR) qui prend l'essentiel du temps de M. Kerry", a-t-il conclu.

Durant sa dernière navette au Proche-Orient, qui s'est achevée le 6 janvier, le secrétaire d'Etat américain a présenté aux deux parties un projet d'"accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement définitif sur les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés palestiniens.

sst/agr/fcc