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16/01/2014 08:36 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Londres loue le rôle "équilibré" de Khartoum dans le conflit au Soudan du Sud

Le Royaume-Uni a loué le rôle "équilibré" du Soudan dans les efforts visant à ramener la paix au Soudan du Sud, qui a fait sécession en 2011 et se trouve plongé dans un conflit ayant fait des milliers de morts.

"Je salue vraiment le Soudan pour le rôle équilibré qu'il a joué jusqu'à présent dans le soutien aux négociations" chapeautées par l'organisation régionale est-africaine (Igad), a déclaré Mark Simmons, secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères, lors d'une visite de deux jours à Khartoum.

Le Soudan a eu une "réponse très mesurée", en s'assurant que les deux parties au Soudan du Sud "comprennent la nécessité, premièrement de mettre en oeuvre un cessez-le-feu, deuxièmement de venir à la table des négociations", a-t-il dit à la presse.

Le ministre soudanais de l'Information, Ahmed Bilal Osmane, a expliqué à l'AFP que son pays connaissait les deux camps en lutte au Soudan du Sud "mieux que personne au monde".

"Les deux côtés ont envie de mettre fin à la guerre (...) le coût est très lourd", a-t-il assuré.

Le Soudan est l'un des sept membres de l'Igad, un bloc de pays de l'Afrique de l'Est, basé en Ethiopie, qui sert de médiateur.

Les pourparlers d'Addis Abeba pour mettre fin au conflit ont débuté en décembre, et depuis 10 jours, les deux parties tentent de s'entendre sur un cessez-le-feu.

Mais les négociations entre troupes du président Salva Kiir et unités fidèles à son rival, l'ancien vice-président Riek Machar, bloquent sur la question de la libération de 11 proches de Riek Machar emprisonnés au début des combats.

Selon M. Osmane cependant, cette question a été séparée des autres, permettant une avancée dans les discussions qui lui laisse espérer un cessez-le-feu.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant du Soudan en 2011, en vertu d'un accord de paix qui a mis fin à 22 ans de guerre civile.

Les tensions ont néanmoins continué entre les deux pays: combats réguliers à la frontière en 2012, différends concernant les revenus pétroliers ou encore accusations réciproques de soutien à des mouvements rebelles du côté adverse de la frontière.

Mais depuis une rencontre en septembre entre M. Kiir et le président soudanais Omar el-Béchir, les deux pays ont adopté un ton plutôt amical, et se sont engagés à appliquer une série de pactes économiques et de sécurité.

Les relations semblent s'être apaisées également sur la question du pétrole, longtemps pomme de discorde entre Khartoum et Juba, qui sont finalement parvenues à s'accorder sur les modalités de transfert du pétrole sud-soudanais (75% de la production totale avant 2011) via les infrastructures soudanaises.

Pour les deux pays, parmi les plus pauvres du monde, ces revenus sont cruciaux.

Les combats au Sud peuvent donc avoir "un impact économique négatif" sur le Soudan, a expliqué M. Simmons, selon qui "il y a clairement eu une baisse de la production pétrolière à cause du conflit".

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