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16/01/2014 02:43 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Les rendez-vous historiques

Le combat que se livreront Lucian Bute et Jean Pascal, le 18 janvier au Centre Bell, a vite été qualifié de plus grand combat jamais présenté à Montréal. Les superlatifs pleuvent.

D'autres grands duels ont fait courir les foules dans l'histoire pugilistique montréalaise. On croise encore aux abords des rings des personnages ayant assisté à ces soirées qualifiées d'historiques à leur époque respective.

Dès 1958, à quelques jours de Noël, les amateurs sont conviés au Forum de Montréal pour le face-à-face entre Yvon Durelle et l'Américain Archie Moore. Ce dernier visite le plancher trois fois dans les premiers rounds. Il envoie ensuite Durelle au tapis à quatre reprises pour l'emporter par K.-O.

Deux décennies plus tard, le 31 octobre 1978, Fernand Marcotte fils et le Torontois Eddie Melo enflamment l'Auditorium de Verdun. Melo, qui n'a que 17 ans, décroche une décision partagée. L'affrontement donnera naissance à une puissante trilogie qui se conclura avec une victoire de chaque côté et un combat nul.

L'âge d'or

Les années 80 sont marquantes. Le rideau se lève le 25 mars 1980 avec la conquête, par Gaétan Hart, du titre canadien des poids légers devant Nick Furlano. Une victoire acquise par décision partagée dans un Centre sportif Paul-Sauvé survolté.

Trois mois plus tard, tous les projecteurs se braquent sur Montréal. Le Stade olympique, encore privé de son toit, est le théâtre d'un rendez-vous grandiose.

Le Panaméen Roberto Duran (71-1), dit « l'homme aux mains de pierres », se mesure à Sugar Ray Leonard (27-0). L'enjeu : le titre WBC des poids moyens.

Quatre ans plus tôt, l'Américain avait décroché l'or olympique chez les super-légers à quelques pâtés de maison de là, à l'aréna Maurice-Richard.

Leonard défendait sa ceinture pour la seconde fois. À la surprise générale, il avait mis de côté la finesse et la technique qui l'avaient propulsé au sommet. Il avait plutôt choisi d'en découdre, coup pour coup avec Duran.

Au bout de 15 rounds, la bagarre de ruelle avait tourné à l'avantage de Duran. Il l'emportait à l'unanimité 145-144, 148-147 et 146-144 pour ravir le titre à Leonard.

L'ère Hilton

La famille Hilton s'inscrit en grosses lettres dans notre palmarès. Dave, l'aîné, vise le titre canadien des mi-moyens. Mais le 4 décembre 1983, au Forum, son premier rendez-vous contre Mario Cusson prend fin abruptement sur un coup de tête au troisième round.

Le 25 mars 1984, Hilton veut prouver qu'il est à la hauteur. Il remporte le combat revanche et le titre par K.-O. après seulement 22 secondes.

En juin 1987, c'est au tour de Matthew Hilton de faire vibrer le Forum. Dans une confrontation endiablée face à l'Américain Buster Drayton, Matthew devient champion du monde IBF des mi-moyens.

La domination est quasi-totale, comme en témoignent les cartes des juges (146-139, 144-140 et 147-138). Matthew conservera la ceinture durant 15 mois. Il l'a défendu avec succès à deux reprises contre Jack Callaghan et Paul Whittaker.

Dave signe une autre page marquante le 27 novembre 1998. Fraîchement sorti de prison et avec un poids ramené de 190 à 157 livres, Hilton affronte Stéphane Ouellet. Le promoteur Régis Lévesque jubile. Le Centre Molson est presque plein à craquer.

Un autre célèbre bagnard, Maurice « Mom » Boucher, acquitté l'après-midi même au palais de justice, assiste à la soirée entouré d'une cinquantaine de ses sympathisants.

Dès le troisième round, Dave casse le nez de Ouellet, qui tient bon malgré la douleur jusqu'au 12e et dernier round. Quand l'assaut final est donné avec moins d'une minute à écouler, « Le Poète » est sans réponse. Hilton devient champion canadien des poids moyens.

Les deux hommes se sont retrouvés dans un ring pour deux autres duels. La correction a été encore plus sévère la seconde fois. Près de 23 000 spectateurs voient Hilton s'imposer en moins de trois rounds. Ouellet n'a gagné que le dernier par décision unanime.

Les Gentlemen

La boxe cherchera ensuite à polir son image. Éric Lucas sort de l'ombre et redonne un peu de lustre au noble art. Après avoir été champion du monde WBC des super-moyens, Lucas investit dans son sport et devient copropriétaire d'InterBox.

Lucas et InterBox se tournent du côté de la Roumanie, où ils dénichent des perles rares comme Adrian Diaconu et Lucian Bute.

Bute a tout pour lui. Du talent, une gueule d'acteur et un charisme qui en fait rapidement un des favoris de la foule. L'ascension est fulgurante. Devenu champion IBF des super-moyens, il amasse les victoires au même rythme que les K.-O.

Le 24 octobre 2008, Bute connaîtra sa première défaillance face au Mexicain Librado Andrade. Sauvé par la cloche et un décompte de l'arbitre décrié par son adversaire au 12e round, Bute conserve sa ceinture et promet de faire amende honorable.

Après s'être débarrassé de Fulgencio Zuniga en moins de quatre rounds, c'est au Colisée de Québec que Bute rétablira sa réputation en signant un K.-O. au quatrième round. Le coup dévastateur au foie a laissé Andrade sur les rotules.

Jean Pascal a gravi les échelons en passant à la catégorie supérieure, celle des mi-lourds. Le 19 juin 2006, il obtient une décision contre son rival d'InterBox Adrian Diaconu. Il met ainsi la main sur la ceinture du WBC.

Il la défendra avec succès contre Silvio Branco, lors d'une revanche face à Diaconu, puis devant l'Américain Chad Dawson. Ce dernier combat, tenu au Centre Bell le 14 août 2010, a pris fin sur un coup de tête accidentel que conteste encore Dawson à ce jour.

C'est à un boxeur de 48 ans, l'Américain Bernard Hopkins, que Pascal doit son retour sur terre. Le 18 décembre 2010, à Québec, le Lavallois se tire d'affaire de justesse et conserve sa ceinture par décision majoritaire.

Il n'aura pas la même veine le 21 mai 2011 à Montréal. Hopkins devient le boxeur le plus âgé à reconquérir un titre mondial grâce à une décision unanime des juges.

Bute et Pascal s'apprêtent maintenant à écrire le prochain grand chapitre de la boxe à Montréal.