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16/01/2014 11:24 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Les Égyptiens auraient largement voté «oui» au référendum constitutionnel

LE CAIRE, Égypte - Une écrasante majorité d'Égyptiens qui ont voté lors du référendum appuient la nouvelle Constitution, a déclaré un haut responsable jeudi, tandis qu'une organisation internationale a critiqué les mesures de répression contre l'opposition à l'approche du vote, accusant les autorités d'avoir imposé de «sévères limites» à la liberté d'expression.

Un haut responsable électoral a déclaré à l'Associated Press que les résultats non officiels, compilés après le décompte de presque tous les bulletins de vote, indiquent que plus de 90 pour cent des électeurs ont voté «oui» à la Constitution.

Il a refusé de donner une estimation du taux de participation final et a réclamé l'anonymat parce qu'il n'était pas autorisé à s'adresser aux médias.

Le chef de la commission électorale, Nabil Salib, cité par l'agence de presse MENA, a déclaré que le décompte des bulletins de vote était toujours en cours et que les résultats seraient annoncés dans quelques jours. Il avait précédemment indiqué que les résultats seraient connus vendredi, et généralement, les résultats sont annoncés 72 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Le référendum, qui s'est déroulé mardi et mercredi, est considéré comme un tournant pour le gouvernement intérimaire, installé par les militaires après le renversement, en juillet, du président islamiste Mohammed Morsi, après d'imposantes manifestations réclamant son départ.

La Constitution est considérée comme une étape clé du processus en vue de l'élection d'un nouveau président, et un test de l'opinion publique quant au coup d'État qui a renversé M. Morsi.

Les Frères musulmans dont est issu M. Morsi, de même que d'autres groupes islamistes, ont boycotté le scrutin, le jugeant «illégitime». Les salafistes, le deuxième plus important groupe islamiste du pays, ont largement boudé les urnes, apparemment en réponse à la répression des autorités, qui ont confisqué leurs avoirs, fait fermer leurs réseaux de télévision et interdit à certains imams ultraconservateurs de prêcher dans les mosquées.

Dans les régions traditionnellement islamistes du pays, il y avait très peu d'électeurs dans les bureaux de vote, tandis que dans les grandes villes et les régions urbaines, de longues files se sont formées. Des électeurs enthousiastes brandissaient des portraits du chef de l'armée, le général Abdel-Fattah Al-Sissi, et scandaient des slogans favorables aux militaires.

Le gouvernement intérimaire espère une large victoire du «oui» et un taux de participation élevé pour obtenir une légitimité indiscutable et, peut-être, un mandat populaire en vue d'une éventuelle candidature présidentielle du général Al-Sissi.

Le silence imposé aux dissidents soulève toutefois des questions sur la légitimité du processus. Kol Preap, chef de la mission de Transparency International qui a observé le déroulement du référendum, a déclaré dans un rapport publié jeudi que même si les autorités ont répondu «au profond désir de la majorité des Égyptiens d'avancer dans la voie démocratique», l'environnement politique ayant entouré le vote a créé «de sérieux obstacles à l'avancement de la démocratie».

M. Preap a cité «de sérieuses limitations à la liberté d'expression, d'association et de rassemblement» durant la campagne ayant précédé le référendum. Son groupe avait déployé huit observateurs dans 15 des 27 provinces égyptiennes.

«Le contexte politique ayant précédé le référendum a détérioré les conditions en vue d'un référendum libre et juste en comparaison avec les normes internationales», a-t-il écrit. Les actions du gouvernement, comme l'arrestation d'opposants, ont nui à l'expression de positions divergentes, a-t-il ajouté.