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16/01/2014 06:46 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Le risque de déflation en zone euro est "limité" (Weidmann, Bundesbank)

Le risque de voir la zone euro entrer en déflation est "limité", a estimé jeudi le président de la banque centrale allemande Jens Weidmann, au lendemain de la mise en garde de la patronne du FMI contre ce phénomène.

"Cela n'est pas tant lié au fait que les anticipations actuelles d'inflation à long terme sont solidement ancrées autour de 2%", a-t-il déclaré, mais "avant tout, nous nous trouvons dans une phase de reprise. Cela va faire monter peu à peu le rythme de l'inflation".

Face au scénario brandi par certains de voir la zone euro connaître le même destin que le Japon, M. Weidmann a jugé que les situations de ces deux régions étaient "très différentes", dans un discours à Berlin dont le texte a été communiqué par la Bundesbank.

"D'abord le yen japonais s'est fortement apprécié au début des années 1990, conduisant à une baisse des prix des importations qui a freiné le développement général des prix. L'euro au contraire ne s'est pas nettement apprécié durant la période de crise", a-t-il expliqué.

"Deuxièmement, une déflation suppose que les salaires nominaux reculent ou tout au moins progressent moins rapidement que la productivité durant une longue période (...) un développement qu'on n'observe pas", a-t-il ajouté, notant que seules l'Irlande et la Grèce ont connu de telles baisses de salaires.

Ces propos rejoignent ceux du président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi qui ne voit pas non plus ce risque de déflation se matérialiser même si les prix sont bas et le resteront encore un moment, a-t-il encore répété la semaine dernière.

L'inflation en zone euro a atteint 0,8% en décembre après 0,7% en novembre, soit très en-dessous de l'objectif de la BCE de la maintenir proche mais inférieure à 2% à moyen terme. Une situation qui l'a conduite en novembre à baisser une nouvelle fois son principal taux directeur d'un quart de point à 0,25%, soit son niveau le plus bas historique.

Selon les estimations de la BCE, la hausse des prix devrait atteindre 1,1% en 2014 puis 1,4% en 2015 et continuer ensuite de progressivement augmenter.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé que dans les pays industrialisés, il y a "des risques croissants de déflation qui pourraient être désastreux pour la reprise". "Cela veut dire que les banques centrales devraient retourner à des politiques monétaires plus conventionnelles seulement quand une croissance robuste sera fermement installée", a-t-elle ajouté.

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