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16/01/2014 06:33 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre roumain a porté atteinte à l'indépendance de la justice

Le Premier ministre roumain, Victor Ponta, a "porté atteinte" à l'indépendance de la justice et "désinformé l'opinion" après la condamnation pour corruption de son mentor, l'ex-Premier ministre Adrian Nastase, a conclu le Conseil supérieur de la magistrature jeudi.

Ces critiques envers le Premier ministre interviennent au moment où la Roumanie fait l'objet d'une surveillance rapprochée de la Commission européenne pour renforcer l'indépendance de sa justice.

Quelques heures après la condamnation d'Adrian Nastase à quatre ans de prison ferme pour corruption et chantage le 6 janvier, M. Ponta avait défendu son collègue de parti et mentor à la télévision, parlant de condamnation "politique".

Il avait comparé M. Nastase à l'opposante ukrainienne Iulia Timochenko, accusant les juges de la haute cour de justice et les procureurs anticorruption d'être partiaux et influencés par son rival le président Traian Basescu (centre droit).

Mais un rapport de l'inspection judiciaire, saisie par les magistrats, a conclu jeudi que des affirmations du Premier ministre "ont désinformé l'opinion publique sur le fonctionnement du système judiciaire".

"Ces déclarations publiques (du Premier ministre) ont violé le principe de la séparation des pouvoirs, affecté la confiance des citoyens dans le système judiciaire et porté implicitement atteinte à l'indépendance de la justice", conclut le rapport de l'inspection judiciaire adopté par le Conseil supérieur de la magistrature.

La présidente de la haute cour de justice, instance chargée de juger les plus gros dossiers de corruption politique, Livia Stanciu, a estimé que les déclarations de M. Ponta étaient "extrêmement graves".

Le chef de gouvernement n'a pas souhaité faire de commentaires, se bornant à déclarer qu'il était "convaincu de l'indépendance de la justice".

La justice roumaine s'est montrée de plus en plus efficace ces dernières années notamment dans les dossiers de corruption politique, selon des experts.

Depuis deux ans, un ancien Premier ministre, Adrian Nastase, et des ministres reconnus coupables de corruption ont été condamnés à la prison ferme, du jamais vu dans cet ex-pays communiste.

iw/jh