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16/01/2014 06:42 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Le Parlement européen défend la liberté de circuler des travailleurs au sein de l'UE

Le Parlement européen s'est vigoureusement élevé jeudi contre toute volonté des Etats membres d'entraver la libre circulation des travailleurs au sein de l'UE, après les polémiques suscitées, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, sur un prétendu afflux de Bulgares et de Roumains.

Dans une résolution adoptée à Strasbourg, le Parlement "conteste avec vigueur la position adoptée par certains dirigeants européens, qui demandent que la libre circulation des citoyens soit modifiée et restreinte". Il appelle les Etats membres à "ne pas exercer de discrimination" à l'encontre des travailleurs migrants, sous couvert de "prétendues tentatives d'abus des systèmes de sécurité sociale".

"Aucun des Etats membres dénonçant cette charge n'a été en mesure de présenter les preuves demandées par la Commission", soulignent les parlementaires.

Mercredi, lors d'un débat consacré à cette question dans l'hémicycle strasbourgeois, la Commission européenne s'est également montrée très ferme: "nous devons répéter encore et encore que tous les citoyens de l'UE ont le droit de se déplacer librement, sans exception", a martelé la commissaire chargée de la Justice, Viviane Reding.

"Dans la grande majorité des Etats membres, les migrants sont des contributeur nets au système de protection sociale du pays hôte", a ajouté son collègue chargé de l'Emploi, Laszlo Andor.

Depuis le 1er janvier, Roumains et Bulgares peuvent travailler librement dans l'ensemble de l'Union européenne: neuf Etats membres ont levé les restrictions qu'ils maintenaient depuis 2007 à l'encontre de ces travailleurs.

Cette étape a suscité des polémiques en Grande-Bretagne - où les médias prédisent un afflux massif de Bulgares et Roumains - et en Allemagne, où l'inquiétude est surtout venue des rangs des conservateurs d'Angela Merkel.

Au Parlement européen, les élus des principaux partis - y compris les conservateurs allemands - se sont démarqués de ces inquiétudes. "Il est temps que cesse le débat ridicule en Grande-Bretagne, tout comme dans d'autres Etats membres", a ainsi plaidé, au nom de son groupe, le conservateur roumain Marian-Jean Marinescu. Dans ces pays où sévissent des dérives "électoralistes", les "statistiques montrent que dans très peu de temps ils risquent de rester sans main d'oeuvre, et que sans migration, l'économie s'effondrera", a-t-il raillé.

"C'est facile de pointer du doigt Bruxelles", a tempêté de son côté le chef de file des élus socialistes, l'Autrichien Hannes Swoboda. Le problème, "ce sont les gouvernements nationaux qui laissent les gens se faire exploiter avec des salaires indécents", a ajouté M. Swoboda. "Il y a eu des cas d'abus", a-t-il admis, "mais il revient aux Etats membres de lutter contre cela".

A l'inverse, et sans surprise, les attaques les plus virulentes contre les travailleurs roumains et bulgares sont venues des rangs europhobes. Au lieu de laisser rentrer en Grande-Bretagne des gens "compétents, travailleurs et respectueux de la loi", l'Union européenne "nous a donné des criminels, des drogués, des alcooliques, des mendiants, des vagabonds et des profiteurs", a ainsi fustigé l'élu britannique Gerard Batten, du parti populiste et anti-européen UKIP.

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