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16/01/2014 03:20 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Le Japon rejette des accusations chinoises contre son Premier ministre

Tokyo a réagi jeudi à une virulente attaque d'un diplomate chinois contre son Premier ministre Shinzo Abe, en affirmant que le Japon est plus que jamais pacifique et démocrate.

"Durant les 60 années depuis la deuxième guerre mondiale, le Japon a contribué à la paix et la stabilité de la région et du monde. La paix, la démocratie et les droits de l'homme font maintenant partie de l'identité du peuple japonais", a déclaré Koichi Mizushima, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères.

Mercredi, l'ambassadeur de Chine auprès de l'Union africaine (UA) avait dénoncé une imminente "résurrection du militarisme japonais".

"M. Abe est devenu le plus grand fauteur de troubles en Asie", avait déclaré à des journalistes Xie Xiaoyan au lendemain de la visite de M. Abe en Ethiopie.

M. Xi avait exhibé des photos de victimes chinoises de la Seconde Guerre mondiale torturées et tuées.

"Le Japon n'a pas l'intention d'endiguer la Chine. Au contraire, le Japon souhaite que la Chine soit un partenaire responsable et contribue à la paix et la stabilité mondiales", a également déclaré M. Mizushima en réponse à l'ambassadeur chinois selon lequel la récente tournée du chef du gouvernement japonais en Afrique visait à "endiguer" la Chine.

Evoquant par ailleurs la visite fin décembre de M. Abe au sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, où sont honorés quelque 2,5 millions de Japonais morts "pour la patrie" mais surtout 14 criminels de guerre de la deuxième Guerre mondiale, M. Xie avait ajouté: "Pensez à la provocation que cela serait si l'Allemagne venait rendre hommage (à ses morts) dans un sanctuaire honorant Hitler".

Cette visite "visait à affirmer que plus jamais le Japon ne fera la guerre", a rétorqué le porte-parole adjoint nippon.

Ce déplacement, le premier d'un chef de gouvernement depuis 2006, avait soulevé un tonnerre de protestations à Pékin et Séoul, et avait également été publiquement critiqué par les Etats-Unis.

Début janvier, les ambassadeurs chinois et japonais en poste à Londres s'étaient livrés à un échange acerbe par presse interposée.

Dans une tribune dans le Daily Telegraph, l'ambassadeur de Chine, Lui Xiaoming, avait évoqué Lord Voldemort, le méchant de la saga Harry Potter, pour dénoncer les penchants militaristes de Shinzo Abe.

Quelques jours plus tard, son homologue nippon, Keiichi Hayashi, avait répliqué sur le site internet du même journal, estimant que la Chine avait deux options: "l'une est la voie du dialogue et du respect de la loi, l'autre est de jouer le rôle de Voldemort dans la région en lâchant la bride aux démons d'une course aux armements et d'une escalade des tensions, alors que pour sa part le Japon ne fera rien pour exacerber la situation".

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