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16/01/2014 02:15 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Le gouvernement sud-soudanais accepte en théorie de suspendre les hostilités

DJOUBA, Soudan du Sud - Le gouvernement sud-soudanais a accepté jeudi, lors d'une rencontre avec des dirigeants d'Afrique de l'Est, de cesser les hostilités avec les rebelles accusés d'avoir voulu le renverser, mais le cessez-le-feu a été rapidement mis en doute parce que le chef de la rébellion n'était pas invité à la réunion.

Un porte-parole de l'armée a indiqué que les combats pourraient se poursuivre malgré l'annonce des politiciens, qui se trouvaient dans une lointaine capitale.

Lors de la rencontre au Kenya, le gouvernement sud-soudanais a accepté de ne pas mener l'offensive prévue pour reprendre le contrôle de Bentiu, capitale de l'État pétrolier d'Unité contrôlée par les rebelles fidèles à l'ancien vice-président Riek Machar, considéré par le gouvernement comme l'instigateur de la tentative de coup d'État.

«Nous n'avancerons pas sur Bentiu tant que les forces rebelles respecteront le cessez-le-feu», a déclaré le ministre sud-soudanais de l'Information, Makuei Lueth.

Mais aucun représentant de M. Machar n'était présent à la réunion de Nairobi, une décision qui visait peut-être à lui refuser tout statut qui pourrait ralentir les négociations de paix. Et M. Machar a déclaré à la BBC que les conditions d'une trêve n'étaient pas encore réunies.

Sur le terrain, l'armée n'a rapporté aucun changement jeudi.

«Nous n'avons vu aucun signe de cessez-le-feu», a déclaré le colonel Philip Aguer, porte-parole de l'armée sud-soudanaise. «Il n'y a pas de cessez-le-feu convenu entre les deux parties», a-t-il ajouté, ce qui laisse croire que l'assaut prévu sur Bentiu pourrait encore avoir lieu.

Ailleurs dans le pays, l'armée a repris le contrôle de Malakal, une autre ville auparavant tenue par les rebelles, à la mi-journée jeudi, a indiqué M. Aguer.

Des atrocités rapportées

Des responsables sud-soudanais ont par ailleurs affirmé que l'ONU avait collecté des preuves d'attaques horrifiantes commises depuis un mois dans le pays.

Selon ces responsables, certaines victimes des attaques à caractère ethnique ont été attachées et d'autres ont été décapitées. Des victimes ont aussi déclaré à l'Associated Press que des assaillants les avaient forcés à exécuter des actes sexuels avec des membres de leur famille.

Le sous-secrétaire général de l'ONU aux droits de l'homme, Ivan Simonoviae, doit donner une conférence de presse à ce sujet vendredi.

Les responsables qui ont parlé des actes de violence à l'Associated Press ont réclamé l'anonymat parce qu'ils n'étaient pas autorisés à diffuser l'information.

Dans un rapport publié jeudi, Human Rights Watch affirme que l'une des pires attaques s'est produite à la mi-décembre, quant de 200 à 300 hommes de l'ethnie nuer ont été enfermés dans une salle et que des hommes armés ont ouvert le feu, les tuant presque tous.

Les Nations unies ont annoncé que le premier contingent de renforts pour la mission au Soudan du Sud était arrivé à Djouba jeudi. Il s'agit de 72 policiers internationaux qui faisaient auparavant partie de la mission de l'ONU au Congo.

Les policiers, originaires du Bangladesh, seront déployés immédiatement pour aider les civils déplacés, dont environ 63 000 qui ont trouvé refuge dans les différentes installations de l'ONU à travers le Soudan du Sud.

L'armée ougandaise a par ailleurs indiqué que ses soldats s'étaient joints à l'armée sud-soudanaise pour repousser les rebelles de Bor, une ville stratégique située près de la capitale, où se déroulent certains des combats les plus violents depuis la mi-décembre.

Des responsables avaient précédemment nié que des soldats ougandais se soient joints aux combats, affirmant que des forces ougandaises avaient été déployées au Soudan du Sud principalement pour faciliter les évacuations.

L'implication d'une armée étrangère dans le conflit sud-soudanais risque d'aggraver la crise provoquée par la lutte de pouvoir entre le président Salva Kiir et l'ancien vice-président Riek Machar.