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16/01/2014 11:42 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

La vache « wi-fi » et autres innovations en agriculture

Comme les téléphones, les fermes deviennent « intelligentes ». Au Salon de l'agriculture du Québec, à Saint-Hyacinthe, les 10 000 visiteurs et les 300 exposants s'intéressent de plus en plus au « smart farming » et à l'agriculture de précision. Les robots, les gadgets et les applications mobiles sont en train de révolutionner l'industrie. 

Un reportage de Thomas Gerbet

S'il y a un secteur où les innovations se multiplient, c'est bien celui de la production laitière. Dès le printemps ou l'été 2014, un éleveur québécois pourra suivre l'état de santé de son troupeau à distance, directement sur son téléphone ou sa tablette. La compagnie hollandaise Lely a inventé un collier muni d'un émetteur relié au réseau wi-fi que la vache conserve autour du cou, à l'étable ou dans le champ.

Le collier contient une sorte de podomètre pour calculer l'activité de la vache et un microphone pour enregistrer la rumination de la vache en temps réel. Depuis son salon, l'éleveur peut ainsi obtenir de précieux indices pour déterminer si une vache est enceinte ou si elle développe une maladie.

Certaines compagnies mèneraient actuellement des recherches afin d'inventer des capteurs qui seraient greffés directement à l'intérieur des vaches.

Le produit n'est qu'au stade de projet, mais il promet d'être révolutionnaire. Imaginez un pneu de tracteur, qui peut mesurer 2,32 mètres (7 pieds, 7 pouces), dont le caoutchouc serait fabriqué à partir de biomasse plutôt que de produit pétrolier. La compagnie Michelin vient de s'associer dans cet objectif avec l'entreprise agro-industrielle Tereos, spécialisée dans la transformation de betteraves, de canne et de céréales en sucres et en alcools. La production en usine pourrait débuter en 2020.

Le « FutureCow » pourrait donner un sérieux coup de pouce aux fermiers qui n'ont pas les moyens d'investir dans un robot de traite. Au lieu de laver eux-mêmes les trayons manuellement, avec une serviette, avant d'en tirer le lait, cet appareil va les nettoyer et les désinfecter automatiquement et plus efficacement. En plus, le produit et le système de brosse vont masser et stimuler la vache. 

« Dans les deux premières minutes de traite, il faut aller chercher au moins 40 % du lait, sinon, on a une perte », explique Mario Jean, directeur des ventes canadiennes chez GEA Farm Technologies. « Si la vache est bien stimulée, au lieu de donner son lait par intervalle, elle va donner un maximum de lait au départ ».

Comme un pilote d'avion, l'agriculteur peut laisser son tracteur s'orienter seul dans le champs. Le système de guidage de la compagnie Innotag n'empêche pas la présence du conducteur dans son siège mais elle offre une précision de la trajectoire à deux centimètres près. « L'agriculteur fait le virage en bout de champ mais c'est l'ordinateur qui repend le contrôle du tracteur » explique Vincent Machabée, ingénieur et directeur de l'entreprise située à Beloeil, en Montérégie. 

L'agriculteur peut ainsi mieux contrôler la quantité de graines plantées ou encore la quantité d'engrais épandue. Le fait que le tracteur roule parfaitement droit augmente sa productivité et limite les pertes. « L'agriculteur est bcp moins fatigué quand c'est l'ordinateur qui conduit le tracteur à sa place », conclut Vincent Machabée.

Les inventions les plus simples sont parfois les meilleures. Les producteurs de sirop d'érable créent parfois des trous trop larges dans les arbres, ce qui cause des fuites et des pertes d'air. L'instabilité peut également briser les mèches de perceuses. Des acériculteurs de Beauce utilisent depuis quelques mois une nouvelle perceuse munie d'une couronne de vis qui s'agrippe à l'écorce. « C'est de l'entaillage de précision » se félicite Vallier Chabot, directeur général chez Les Équipements d'érablières CDL, situé à Saint-Lazare, en Beauce, et qui commercialise cette invention américaine baptisée « Precision Tapper ».