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16/01/2014 07:08 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Hong Kong: manifestation en faveur d'une domestique indonésienne maltraitée

Des dizaines d'employées de maison ont manifesté jeudi à Hong Kong pour réclamer justice pour une Indonésienne qui aurait été maltraitée par ses employeurs et demander une meilleure protection pour les centaines de milliers de domestiques de la ville.

Âgée de 23 ans, Erwiana Sulistyaningsih, arrivée en mai dernier dans l'ancienne colonie britannique, serait retournée en Indonésie le 10 janvier, après avoir été apparemment maltraitée et torturée par ses employeurs, une famille hong-kongaise, pendant près de huit mois.

Les manifestants, comprenant employées de maison et militants des droits de l'homme, ont défilé dans les rues animées du quartier commercial de Causeway Bay, en criant des slogans comme "Nous sommes des travailleurs, pas des esclaves. Justice pour Erwiana".

Lors de la manifestation, une femme surnommée "Bunga" - et qui n'a pas voulu révéler son identité - a affirmé avoir été maltraitée pendant dix mois par le même employeur.

"J'ai été battue de nombreuses fois. Je travaillais 20 heures par jour", a-t-elle dit.

La police de Hong Kong a affirmé mardi avoir ouvert une enquête criminelle après que des organisations de défense des travailleurs immigrés eurent exprimé leur colère face à l'inaction des autorités.

Selon le South China Morning Post, la police de Hong Kong a refusé d'ouvrir une enquête sur l'affaire d'Erwiana Sulistyaningsih, alléguant l'impossibilité de recueillir des preuves, la jeune femme étant repartie pour l'Indonésie.

"Nous sommes très en colère, il y a eu tant de cas impliquant des immigrés indonésiens", a dit aux journalistes Sring Atin, vice-président du syndicat des travailleurs immigrés indonésiens.

Eman Villanueva, du syndicat des travailleurs philippins, a appelé le gouvernement de Hong Kong a accroître la protection juridique des domestiques, et de leurs permettre de choisir leurs propres résidences au lieu d'être obligée de vivre chez leurs employeurs.

Mardi, d'autres groupes de soutien aux travailleurs immigrés avaient demandé aux gouvernements de Hong Kong et d'Indonésie de lancer une enquête.

"C'est très important. Les responsables devraient être jugés. Nous demandons aussi à notre gouvernement d'aider (Erwiana Sulistyaningsih) à revenir à Hong Kong pour qu'elle puisse porter plainte", avait déclaré à l'AFP Mia Sumiati, présidente de Komunitas Migrant Indonesia, qui dirige un foyer pour les domestiques victimes de sévices à Hong Kong.

Celle-ci a été hospitalisée dans la région de Java, où sa santé s'améliore, ont indiqué les associations de travailleurs immigrés.

Près de 300.000 domestiques étrangères travaillent à Hong Kong, dont l'immense majorité sont originaires d'Asie du Sud-Est, principalement des Philippines et d'Indonésie.

En novembre, Amnesty International avait qualifié d' "esclavage moderne" les conditions dans lesquelles vivent et travaillent les milliers d'Indonésiennes employées comme domestiques à Hong Kong, accusant le gouvernement de passivité "inexcusable".

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