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16/01/2014 03:09 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Gérer le mécontentement

OTTAWA - C'est le lot des bonnes équipes, ou de celles en santé. C'est le lot de Peter DeBoer, qui doit tenter de satisfaire Martin Brodeur et Cory Schneider. C'est le lot de Michel Therrien, qui doit parfois dire à Francis Bouillon de rester dans les gradins.

Un texte de Guillaume Lefrançois

Et c'est le lot de Paul MacLean. L'entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa (21-18-8) est pris avec trop de joueurs pour le nombre de postes disponibles. Et si son infirmerie débordait l'an passé, c'est tout le contraire cette saison.

Les joueurs des Sénateurs ont raté seulement 27 matchs sur blessure cette saison, comparativement à... 220 la saison dernière. Ils forment l'équipe la moins touchée par les blessures dans la LNH.

C'est donc dire que soir après soir, MacLean doit forcer deux de ses défenseurs de regarder le match du haut de la passerelle. C'est arrivé au très fécond Patrick Wiercioch 8 fois lors des 11 derniers matchs, lui qui compte pourtant 14 points en 30 matchs. C'est arrivé à l'intimidant Eric Gryba 8 fois lors des 13 derniers matchs. Et c'est arrivé au vétéran Joe Corvo 6 fois lors des 10 dernières rencontres.

Même Jared Cowen et Marc Méthot, deux arrières qui jouent en moyenne plus de 20 minutes, ont été retranchés le temps d'un match.

Jeudi soir, contre le Canadien (26-16-5), Wiercioch et Corvo seront les malheureux élus.

« C'est bon signe, ça montre que tu as de la profondeur et ça assure que personne ne prenne une soirée de repos, a rappelé le capitaine des Sénateurs, Jason Spezza. Quand tu n'as pas de profondeur, tu aimerais en avoir. Quand t'en as, c'est difficile pour certains joueurs. Mais mieux vaut avoir ce dernier problème! »

Ceci change la donne

La variable inattendue dans l'équation a sans doute été l'éclosion de Cody Ceci, le premier choix de l'équipe (15e au total) en 2012.

Quand on parle d'éclosion, on n'exagère pas. MacLean raconte qu'il ne restait même pas pour la troisième période quand il allait le voir jouer la saison dernière dans les rangs juniors, « tellement son jeu était mauvais ».

Or, 24 matchs dans la Ligue américaine lui ont suffi à s'adapter au niveau professionnel. Depuis son rappel, en décembre dernier, le jeune homme de 20 ans a disputé les 15 matchs sans jamais être laissé de côté.

« Il est un de nos quatre meilleurs défenseurs tous les soirs, assure MacLean. Wiercioch, Gryba et Corvo sont en lutte pour un poste dans la troisième paire. Wiercioch et Gryba sont jeunes et leur apprentissage a été plus graduel que Cody. »

« C'est difficile de trouver de la constance quand tu ne joues pas tous les soirs, a mentionné Gryba. C'est un défi, en tant que jeune. J'espère que ça fera de moi un meilleur joueur. »

« On veut tous jouer. C'est incontournable, a rappelé Wiercioch. Mais tant que l'équipe gagne, c'est plus facile de partager ce succès. Quand on perd, tout le monde est frustré et misérable. »

Puisqu'il en parle... Les Sénateurs ont remporté sept de leurs neuf derniers matchs et sont de retour dans le portrait de la course aux séries. C'est essentiellement ce qui compte pour l'entraîneur.

« Je ne sais pas si tout le monde est content, même moi je ne suis pas sûr de l'être, a répondu MacLean. Je ne m'attends pas à ce que tout le monde soit content. Mais mon travail est de faire la bonne chose pour les Sénateurs d'Ottawa, pas pour Paul MacLean, ni pour Jason Spezza, Erik Karlsson ou Joe Corvo. »