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16/01/2014 03:50 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Des élus ont secrètement bloqué le transfert des drones au Pentagone (média)

Des élus américains ont secrètement modifié le projet de loi de finance pour bloquer une réforme du programme des drones, que le président Obama souhaite confier au Pentagone aux dépens de la CIA, a révélé jeudi le Washington Post.

Le sénateur John McCain s'est dit stupéfait par cet article, qui explique en première page du quotidien que des élus membres de la commission des Affectations budgétaires ont glissé une clause dans le projet de loi de finance 2014 afin que la CIA garde le contrôle des opérations anti-terroristes, dont relèvent les drones.

"Il s'agit d'une décision qui concerne un aspect majeur de notre programme contre le terrorisme et on l'a caché dans une annexe ?", s'est indigné le républicain auprès de l'AFP.

"Ce qu'il faut, ce sont des auditions devant la commission des Renseignements et des Armées", a-t-il ajouté.

L'administration Obama, pointée du doigt à cause des civils victimes collatérales de tirs de drones, veut transférer au Pentagone la gestion de ces opérations ultra-secrètes, jusqu'ici domaine exclusif de la CIA.

Deux personnes soupçonnées d'appartenir à Al-Qaïda ont été tuées en décembre par des drones au Yémen. Le 12 décembre, 16 civils, selon l'ONU, avaient été tués par des drones lors de deux mariages au Yémen.

Le sénateur McCain a prévenu qu'il voterait contre cette loi de finance, qui fixe toutes les dépenses jusqu'au mois de septembre prochain. La loi, fruit d'âpres négociations au Congrès, écarte la perspective, au moins pour 2014, d'une fermeture des administrations fédérales.

Le sénateur ne s'est pas exprimé sur cette réforme du programme des drones, mais il a fustigé "l'arrogance" des élus et leur "décision arbitraire".

Le sénateur Dick Durbin, qui travaille à la commission des Affectations budgétaires, n'a pas confirmé les révélations du Post, affirmant qu'il "y avait des sujets qui ne pouvaient être abordés sur la place publique, par peur que cela puisse mettre en danger notre pays".

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