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16/01/2014 01:53 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Des caméras souhaitées par les policiers de Québec

Le syndicat des policiers de Québec souhaiterait que les agents soient équipés de caméras corporelles pour assurer leur défense ou leur protection. Les policiers de la Sûreté du Québec et de la ville de Montréal en ont déjà fait la demande.

Pour Bernard Lerhé, président de la Fraternité des policiers de Québec, l'utilisation de telles caméras pourrait permettre de diminuer les voies de fait commis envers les agents. Il fait valoir que les personnes qui se savent filmées sont portées à agir différemment.

« Où on trouve ça intéressant, c'est que les personnes qui ont testé les caméras sur les policiers ont constaté qu'il y avait une diminution importante de voies de fait commis sur des policiers par des personnes auprès desquelles ils avaient à intervenir », soutient-il.

Robert De Blois, avocat et auteur de l'ouvrage Initiation à la déontologie policière estime que policiers autant que citoyens seraient gagnants dans l'utilisation de caméras.

Les enregistrements vidéo pourraient aider les policiers à expliquer leurs interventions. De même, les personnes interpellées pourraient faire preuve du comportement policier qui serait jugé dérogatoire.

« Le public y gagne aussi parce que si ça permet de corriger certains comportements déviants de policiers, ça permet également de démontrer ou bien que la plainte n'est pas fondée, ou que l'individu a lui a eu un comportement qui justifiait l'intervention policière auquel cas on n'aura pas de plainte de déontologie inutile et s'il y a commission d'un acte criminel, ça pourra également servir de preuve », explique-t-il.

Robert De Blois souligne toutefois que le moment de l'activation de caméras par les policiers ne devra pas être arbitraire.

« À partir du moment où le policier débarque du véhicule et doit intervenir auprès du citoyen, c'est là qu'ils devraient avoir l'obligation de démarrer et s'ils ne le font pas, ils auront à rendre compte pourquoi ils ne l'ont pas actionnée et ils seront imputables de leur décision. »

Le Service de police ouvert à l'idée

Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ne ferme pas la porte à l'idée de munir ses officiers et ses véhicules de caméras.

Le Service évalue présentement les technologies disponibles et les aspects légaux qui entourent l'utilisation de matériel d'enregistrement lors du travail des agents sur le terrain, fait savoir Michel Desgagné, directeur du SPVQ.

« On a demandé à notre département de faire une vérification de la technologie qui existe, les coûts, mais aussi l'aspect légal, comment on peut traiter cette documentation-là, l'intégrité du matériel, la technologie, la fiabilité, c'est du questionnement qu'on s'est déjà fait », fait-il savoir.

Les policiers de Québec ont déjà utilisé des caméras notamment lors de manifestations.