NOUVELLES
16/01/2014 05:32 EST | Actualisé 18/03/2014 05:12 EDT

Début du procès par contumace des présumés meurtriers de Rafic Hariri

Le procès de quatre membres du Hezbollah accusés de l'assassinat en 2005 de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri s'est ouvert jeudi à La Haye, aux Pays-Bas, en leur absence.

Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), soutenu par les Nations unies, va juger Moustafa Amine Badreddine, Salim Jamil Ayyash, Hussein Hassan Oneissi et Assad Hassan Sabra, accusés d'être les auteurs de l'attentat contre l'ancien chef de file de la communauté sunnite libanaise.

Rafic Hariri a été tué le 14 février 2005 par l'explosion d'une camionnette piégée à Beyrouth alors qu'il se rendait à son domicile à bord d'un véhicule blindé.

L'explosion avait fait 22 autres morts, dont l'auteur, et 226 blessés.

L'attentat avait mené au départ des troupes syriennes du Liban, qui étaient présentes dans le pays depuis près de 30 ans. Rafic Hariri dénonçait cette domination militaire.

Les accusés toujours en fuite

Le TSL, créé en 2007, doit composer avec l'absence de ses accusés. Ceux-ci sont toujours en fuite malgré des mandats d'arrêt internationaux.

« Nous allons procéder comme si les accusés étaient présents et avaient plaidé non coupables », a déclaré le juge David Re à l'ouverture de l'audience publique.

L'accusation entend prouver leur culpabilité grâce à des relevés des communications entre plusieurs téléphones cellulaires qui appartiendraient aux accusés.

À l'ouverture du procès, un des procureurs a plaidé que l'attentat constituait un acte terroriste visant à semer la panique au Liban.

« Les assaillants ont utilisé une extraordinaire quantité d'explosifs puissants, bien plus que nécessaire pour tuer leur principale cible. Manifestement, leur but n'était pas que leur cible soit tuée, mais d'envoyer un message de terreur et de provoquer la panique à Beyrouth et au Liban », a déclaré Norman Farrell.

L'accusation compte appeler huit témoins dans les prochains jours. Le procureur entend convoquer à la barre des centaines de témoins et présenter des milliers de pièces à conviction au cours du procès, a souligné le juge, David Re.

Un procès source de tensions

Le TSL, premier tribunal pénal international pouvant juger des actes de terrorisme, est une pomme de discorde au Liban. Il est source de tensions entre le parti chiite Hezbollah, soutenu par Damas, et ses rivaux de la coalition dite du 14-Mars, pro-occidentale et lancée en réaction à l'assassinat de Rafic Hariri.

La question du soutien au TSL avait même entraîné la chute du gouvernement de Saad Hariri, fils de Rafic, en janvier 2011. Le Hezbollah a de son côté exclu la remise des suspects au tribunal.

Cette procédure judiciaire, qui pourrait prendre des années, s'ouvre alors que les tensions entre sunnites et chiites libanais sont à nouveau exacerbées par le conflit syrien.

Fin décembre, Mohamed Chatah, proche conseiller de Saad Hariri, a été tué dans un attentat à la voiture piégée à quelques centaines de mètres des lieux de l'attaque de 2005. Quelques jours plus tard, un kamikaze s'est fait exploser dans un bastion du Hezbollah dans le sud de la capitale.

Peu avant l'ouverture du procès, jeudi, trois personnes ont été tuées et une trentaine, blessées par l'explosion d'une voiture piégée dans un fief du Hezbollah chiite dans l'est du Liban, selon une source médicale.